La France tente de crédibiliser ses prévisions de croissance

le 10/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le projet de loi de Finances pour 2013 sera présenté le 28 septembre. Il devrait être basé sur une prévision de croissance voisine de 0,8%

Après une semaine marquée par la séquence européenne de Mario Draghi, qui a eu pour effet de soulager les marchés, les yeux sont de nouveau braqués sur la scène interne, et les échéances budgétaires à venir. Le projet de loi de Finances pour 2013 sera présenté le 28 septembre en Conseil des ministres, a fait savoir Bercy. En attendant, François Hollande a réaffirmé vendredi la volonté de ramener les déficits publics à 3% du produit intérieur brut de la France en 2013 contre 4,5% attendu fin 2012.

Le chef de l'Etat, qui intervenait devant la Cour des comptes, a confirmé l’effort estimé par la Cour à une trentaine de milliards d’euros d’économies à réaliser pour pouvoir boucler le budget 2013. Il a aussi précisé que 10 milliards seraient trouvés grâce au gel des dépenses publiques en valeur, hors charge de la dette et des pensions. «Ce sera l'effort budgétaire le plus important depuis trente ans», a lancé le président de la République.

«La réaffirmation de l’objectif de déficit de 3% est un élément déterminant dans la réussite de l’objectif de croissance pour 2013, le risque étant que l'objectif budgétaire se fasse au prix de moins de croissance encore», explique Hélène Baudchon, analyste chez BNP Paribas CIB. Les économistes sont nombreux à mettre en doute la capacité du gouvernement à pouvoir maintenir ses objectifs de croissance. «Aujourd’hui la prévision de croissance de 1,2% pour 2013 paraît difficile à tenir. De notre côté chez BNP Paribas CIB, nous anticipons 0,4% de croissance pour l’an prochain», précise Hélène Baudchon. Hier soir sur TF1, François Hollande a préparé le terrain. Il a indiqué que le bugdet 2013 devrait être établi en fonction d'une prévision de croissance «réaliste», inférieure à 1%, «sans doute 0,8%».

Il en va de la crédibilité du nouvel exécutif, attendu au tournant par Moody’s. Elle doit se prononcer courant octobre sur la notation de la France, dont les coûts de refinancement restent historiquement bas, à 2,19%. La capacité du pays à afficher des objectifs de croissance crédibles au même titre que de nombreux autres critères seront pris en compte, a indiqué Moody's.

Pour crédibiliser l'exercice dans les années à venir, François Hollande a annoncé vendredi la création d'un Haut conseil des finances publiques, composé de quatre magistrats de la Cour des comptes et de quatre personnalités qualifiées. Créée par un projet de loi organique qui «fixera les règles que la France décide de s'imposer en matière de discipline» budgétaire, cette instance devra notamment «vérifier les hypothèses sur lesquelles les budgets sont construits».

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