«Les émissions en euros sont redevenues plus attractives qu’en dollars»

le 10/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Samir Bederr, gérant-analyste à La Banque Postale Asset Management

L’Agefi: Les émissions obligataires des entreprises se sont multipliées ces dernières semaines. Considérez-vous que la tendance va se poursuivre ?

Samir Bederr: C’est probable pour trois raisons. Premièrement, les spreads se sont très fortement réduits, du fait d’une demande toujours soutenue, permettant à certains émetteurs de payer une prime historiquement faible. Ensuite, les taux absolus sont aussi historiquement faibles, rendant le coût de l’argent très bas, ce qui est une aubaine pour les emprunteurs. Enfin, la base euro/dollar est revenue en faveur de l’euro, rendant cette devise d’émission plus attractive que d’autres marchés, notamment le dollar qui a absorbé un volume historique d’émissions au premier semestre de cette année.

Dans ce contexte, quelle stratégie d'investissement suivez-vous sur cette classe d’actifs?

Nous restons à l’écart des émissions aux spreads extrêmement faibles tant le potentiel de resserrement nous semble inexistant. Ces primes si faibles illustrent pour nous le prix de la peur ou les contraintes que peuvent avoir certains investisseurs face à la crise de l’euro. Ce phénomène est amplifié par le fait que nombre d’investisseurs ont encore beaucoup de liquidités à investir. Nous adoptons une approche très sélective concernant le primaire, et nous exigeons une prime minimum, sans écarter, par principe, d’émetteurs de l’Europe du Sud. Plus que jamais la notion de risque/rendement nous semble fondamentale, et si le manque de visibilité que traversent les marchés focalise l’attention sur le numérateur, il ne doit pas faire oublier le dénominateur dans ce rapport.

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