«La BCE crée une forte incitation à réinvestir la dette décotée»

le 10/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Luc Proutat, responsable économies de l'OCDE chez BNP Paribas

L’Agefi : Quelles sont les conséquences des annonces de la BCE pour les marchés de taux?

Jean-Luc Proutat: Positives sans nul doute, même s’il convient de ne pas les surestimer. L’OMT (outright monetary transactions), le nouveau dispositif d’achats de titres, n’est limité ni en quantité, ni dans le temps. La BCE s’apprête donc à devenir un acteur important du marché des bons et obligations d’Etat, du moins sur le compartiment du court-moyen terme (1 à 3 ans) où elle compte intervenir. En acceptant un traitement en pari passu avec les créanciers privés, donc pas de séniorité, elle crée une forte incitation à réinvestir le compartiment de la dette décotée. Les taux d’intérêt «périphériques» peuvent donc encore baisser, à condition que les opérations s’enclenchent et donc que les pays concernés, comme l’Espagne, sollicitent l’aide européenne. Les agences de notation seraient bien inspirées de tenir compte de cette nouvelle donne, comme elles le font par exemple pour le Royaume-Uni qui, malgré les plus importants déficits publics d’Europe, maintient son AAA.

L'Agefi: Qu’attendez-vous de la prochaine réunion de la Fed ?

La Fed va encore assouplir sa politique monétaire. C'est en tout cas le message délivré par Ben Bernanke à Jackson Hole, qui s'est dit soucieux du niveau élevé du chômage et de l'insuffisance de la croissance pour l'abaisser. Une troisième vague «d'assouplissement quantitatif», pourquoi pas reliée à un objectif de taux de chômage, se prépare. Il faut aussi attendre que le FOMC repousse à mi-2015 la période durant laquelle le taux objectif des fonds fédéraux sera maintenu à un niveau «exceptionnellement bas».

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