Mario Draghi électrise les marchés

le 06/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

La vidéo-conférence de Mario Draghi le 6 septembre 2012. Photo: PHB/Agefi

Les Bourses de la zone euro ont accru leurs gains jeudi après-midi après que le président de la BCE Mario Draghi a annoncé une série de mesures visant à sortir la zone euro de la crise de la dette, notamment un nouveau programme d'achats d'obligations des pays fragilisés, sans limite de montant. 

Le CAC 40 a ainsi clôturé en hausse de 2,86%, à 3.503 points, tandis que Francfort a pris 2,74%, Milan 3,9% et Madrid 4,56%. L'indice EuroStoxx 50 des grandes valeurs de la zone euro a gagné 3,09%. Hors zone euro, Londres a progressé de 2,02%. Enfin outre-Atlantique, les marchés actions sont également dans le vert, le Dow Jones grimpant de 1,7% en séance, tout comme le Nasdaq.

Du côté de l’obligataire, le rendement de l'emprunt d'Etat espagnol à deux ans s’est détendu de 18 points de base à 2,78% tandis que l'équivalent allemand n'est plus négatif et s'établit à +0,03%. L'euro recule et s'échange autour de 1,2634 dollar  après un plus haut à 1,2652.

Plus tôt dans l’après-midi, Mario Draghi avait précisé que les achats seront ciblés sur «la partie la plus courte de la courbe des taux», particulièrement entre 1 et 3 ans. Dans ce cadre, la BCE renoncera à son statut de créancier privilégié. « Les «opérations monétaires au comptant» (OMC) nous permettront de nous attaquer aux graves distorsions sur les marchés des emprunts d'Etat qui résultent, en particulier, de craintes infondées des investisseurs sur la réversibilité de l'euro», a souligné le président de la BCE.

L’Allemagne n’a pas tardé à exprimer son point de vue. Ces achats ne sauraient être une solution permanente et les réformes structurelles doivent avoir la priorité, a déclaré le ministre allemand de l'Economie Philipp Rösler. «Il est d'autant plus important d'attacher des conditions aux rachats temporaires d'obligations et de préciser aussi rapidement que possible la nature exacte de ces conditions aux pays concernés», a-t-il ajouté. La Bundesbank, de son côté, a estimé que racheter de la dette souveraine frôle le financement de l'Etat par le recours à la planche à billets.

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