Les fonds européens pèchent par leur petite taille

le 04/09/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Seulement 3,5% des fonds paneuropéens affichent plus d'un milliard d'euros d'encours, selon Fitch. Les anglo-saxons tiennent la corde

L'industrie de la gestion en Europe est trop fragmentée. Dans un rapport publié hier, Fitch relève le faible nombre de fonds étendards (flagships), définis comme ayant un encours supérieur au milliard d’euros, au sein de l'univers de la gestion d'actifs. «Des fonds étendards permettent aux gérants de mieux distribuer leurs produits et de se concentrer sur les tâches de gestion, et contribuent à l’efficacité opérationnelle», relève pourtant l’agence, qui utilise ce critère dans sa grille de notation.

Fitch a comptabilisé environ 12.000 fonds paneuropéens (cross border), c’est-à-dire domiciliés en Irlande, au Luxembourg, ou enregistrés dans au moins deux pays, toutes classes d’actifs confondus hors fonds monétaires. Sur ce total, seulement 430, soit 3,5% du total, présentent plus d’un milliard d’euros d’encours.

Les acteurs continentaux sont à la traîne, du moins chez les grandes maisons. Les dix gérants ayant plus de 25 véhicules dont une part importante de fonds étendards sont tous anglo-saxons, à l’exception de Robeco. M&G, Pimco et Vanguard dominent le classement. A l’autre bout du spectre, BNP Paribas ne compte que 8 flagships sur 469 fonds, et côtoie KBC, ING ou encore Credit Suisse. Cette fragmentation est fréquente chez les filiales de banques ou d’assureurs: la dépendance à un réseau captif «empêche le développement de grands fonds», relève Fitch, et accroît le biais vers l’investissement domestique où la croissance est faible.

Les acteurs plus spécialisés d’Europe continentale, gérant moins de 25 véhicules, échappent cependant à la domination des Britanniques et des Américains. Chez Carmignac Gestion, leader du classement, 6 fonds sur 16 dépassent le milliard d’encours. Deux autres acteurs français, DNCA Finance et Comgest, pointent en huitième et dixième position.

Fitch ne sous-estime pas le risque que peut faire peser la dépendance à un fonds vedette ou à un gérant star. «Si la classe d’actif ou la stratégie d’investissement passent de mode, ou que le gérant part, la société est exposée à un risque plus important pour son activité, reconnaît l’agence. Cependant, les investisseurs peuvent voir cette dépendance de manière positive car elle impose aux dirigeants de la société de gestion une attention et un engagement plus soutenus».

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