La croissance des émergents reste menacée par la crise en zone euro

le 31/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les PIB brésilien et indien au second trimestre sont publiés aujourd'hui. Les PMI chinois sont attendus la semaine prochaine

Les analystes auront plus d’éléments dans les prochains jours pour mesurer le ralentissement dans les pays émergents. Le FMI a mis en garde contre celui-ci en juillet, pointant notamment l'impact de la crise dans la zone euro. La semaine prochaine sera celle de la publication des PMI chinois tandis que la croissance au deuxième trimestre en Inde et au Brésil doit être révélée aujourd’hui.

Dans ce dernier pays, la Banque centrale vient tout juste d'abaisser le taux Selic de 50 points de base (pb) à 7,5%, un mouvement largement prévu. Au cours de l’année écoulée, l’institut d’émission a abaissé les coûts de financement de quelque 500 pb pour soutenir l’activité en perte de vitesse. Les économistes de Barclays parient sur une nouvelle baisse de 25 pb d’ici à la fin de l’année «car il faut encore confirmer que la reprise est bien ancrée et pas seulement soutenue par des incitations fiscales temporaires».

La Banque centrale a cependant fait savoir qu’à l’avenir, de nouveaux ajustements de la politique monétaire seraient mis en œuvre avec «parcimonie». L’institution doit tenir compte de l’inflation qui atteignait 5,37% mi-août. Selon les économistes sondés par Bloomberg, le PIB augmentera au deuxième trimestre de 0,5% par rapport au précédent, après une progression de 0,2% au premier trimestre. D'après les prévisions du FMI de juillet, la croissance s’élévera à 2,5% en 2012 avant de remonter à 4,6% en 2013.

Le Brésil pâtit aujourd’hui, entre autres, du ralentissement de l’économie de son premier marché à l’exportation: la Chine. L’indice PMI préliminaire, qui préfigure l’évolution de l’activité a chuté en août. Si cette baisse était confirmée la semaine prochaine, elle rendrait encore plus crédible l’hypothèse d’un nouvel assouplissement monétaire après ceux du début de l’été. Et ce, alors que les autorités ont déjà annoncé des mesures de relance. En juillet, le Fonds Monétaire International pariait encore sur une progression de la croissance de 8% cette année (contre 9,2% l’année dernière) et de 8,5% en 2013.

Les perspectives sont moins brillantes pour l’Inde dont on connaîtra la croissance au second trimestre aujourd'hui. Les économistes de Bloomberg anticipent une progression de 5,2% sur un an après une hausse de 5,3% au premier trimestre. Le FMI estime qu’elle devrait être de 6,1% en 2012 et de 6,5% en 2013 (après 10,8% en 2010 et 7,1% en 2011).

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