La BCE pourrait abaisser ses prévisions de croissance à la rentrée

le 10/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

C'est ce que suggère son enquête trimestrielle réalisée auprès d'économistes qui se montrent plus pessimistes pour 2012 et 2013 en zone euro

Les signes de ralentissement économiques se multiplient en Europe, et la Banque centrale européenne pourrait bien être amenée à revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro dès le mois de septembre. C’est en tous cas le scénario noir que laisse augurer l’enquête trimestrielle de la BCE, réalisée auprès de cinquante économistes. Ils tablent désormais sur un recul de 0,3% du PIB en zone euro alors qu’ils s’attendaient, jusque-là, à un repli de 0,2%. Pour 2013, les anticipations ont été réduites de manière encore plus drastique pour se chiffrer à 0,6% contre 1% auparavant.

Selon les participants à l’enquête, «l’intensification des efforts d’assainissement budgétaire dans certains pays de la zone euro et la plus grande incertitude entourant la résolution de la crise de la dette souveraine sont les principaux facteurs expliquant ces révisions à la baisse». En revanche, s'agissant de l’inflation les économistes n’ont pas de crainte. Ils tablent sur une hausse des prix de 2,3% pour 2012, et de 1,7% pour 2013, inchangée pour 2012, et révisée à la baisse de 0,1% pour 2013.

Ces résultats vont dans le sens d’une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne et plaident en faveur de mesures de relance. Les marchés anticipent d’ailleurs depuis plusieurs semaines une nouvelle baisse des principaux taux directeurs de la BCE lors de la réunion du 6 septembre. Ils guettent surtout le feu vert de l’institution au rachat de dette espagnole et italienne. En attendant, les écarts de taux de rendement se creusent entre la dette court et long terme mais aussi entre les pays de la zone euro.

Les différences de taux entre les obligations des pays les mieux notés et celles des pays en difficulté ont continué d’augmenter entre la fin juin et août, selon le rapport mensuel de la BCE publié hier. «Entre fin juin et le 1eraoût 2012, les taux de rendement des obligations de long terme émises en zone euro par les pays notés triple A ont baissé d'environ 40 points, à environ 1,8 %», précise le rapport. A l'inverse, les taux de rendement des obligations de la plupart des pays bénéficiant d’un plan d’aide financière, comme l’Italie et l’Espagne, ont augmenté, les investisseurs demandant un meilleur rendement pour ce qu’ils considèrent comme un risque accru.

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