La récession italienne complique le jeu en zone euro

le 08/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PIB italien a reculé de 0,7% au deuxième trimestre, menaçant les objectifs de réduction de la dette

Variation du PIB italien 2007-2013

Les investisseurs ont préféré voir le verre à moitié plein. Les principales places boursières européennes ont poursuivi hier le rebond entamé vendredi, portées par la perspective d’une intervention de la BCE à la rentrée. Pourtant, le risque de voir la zone euro s’installer dans la récession continue de planer au vu des statistiques décevantes publiées hier. L’annonce d’un quatrième trimestre de baisse consécutif du PIB en Italie a balayé les espoirs de reprise économique dans la péninsule, compliquant ainsi les efforts de réduction du déficit du gouvernement Monti.

Après une baisse de 0,8% au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) italien a encore reculé de 0,7% au deuxième trimestre. Ces chiffres provisoires, encore plus mauvais qu’anticipé par les marchés, plongent le pays dans la récession. Sur un an, le tableau est bien plus sombre. Le PIB dévisse de 2,5% ce qui équivaut ainsi à sa plus forte chute depuis 2009. En juin, la production industrielle s’est également inscrite en repli de 1,4% par rapport au mois de mai.

Ces indicateurs sont une pierre dans le jardin de Mario Monti qui vise une réduction du déficit budgétaire de 0,1% du PIB d’ici à 2014 au prix de sévères mesures d’austérité pour un montant de plus de 20 milliards d’euros. Mi-juillet, la Banque d’Italie avait revu à la baisse ses prévisions de croissance tablant sur un repli de 2% en 2012, contre 1,5% auparavant. Mais le gouvernement italien s’attend toujours à une contraction de 1,2% du PIB pour 2012, et un retour à la croissance en 2013. De leur côté, les analystes n’y croient plus, jugeant les anticipations italiennes trop optimistes. «Il n’y a pas de signe d’un quelconque changement de tendance pour l’Italie», considère Annamaria Grimaldi chez Intesa Sanpaolo.

Quant aux investisseurs, ils doutent de plus en plus de la capacité de l’Italie à réduire sa dette publique qui se chiffre à près de 123% de son PIB avec des taux d’emprunt qui restaient hier encore proches des 6%, un niveau jugé intenable sur le long terme. Dans sa bataille, Mario Monti peut toutefois compter sur le soutien de son parlement qui lui a accordé hier un vote de confiance, l’autorisant ainsi à accélérer l’adoption de nouvelles coupes budgétaires.

Toute comparaison mise à part, l’équation budgétaire en Grèce s’avère quant à elle nettement plus corsée. Le ministre des Finances grec a indiqué mardi être encore à la recherche d’environ 4 milliards d’euros d’économies pour 2013 et 2014. Ces économies font partie de l’enveloppe totale de réduction des dépenses publiques de 11,5 milliards d’euros réclamée par l’Union européenne et le FMI pour les deux prochaines années. Il y a urgence car c’est la condition préalable au déblocage en septembre d’une deuxième tranche du prêt de 31,5 milliards d’euros dans le cadre des 130 milliards accordés en février. Interrogé hier sur le scénario d’un «Grexit», le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a déclaré qu’une sortie de la Grèce de la zone euro serait gérable mais qu'elle n'était pas souhaitable. De quoi relancer toutes les spéculations.

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