Les gérants français ont connu un deuxième trimestre mitigé

le 07/08/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les filiales des institutionnels français exposées au dollar et au marché de taux ont tiré leur épingle du jeu

Illustration Fotolia

Après un premier trimestre porteur d’espoir, en raison d’une détente ponctuelle sur les marchés consécutive aux programmes de liquidité bancaire (LTRO) de la Banque centrale européenne, les filiales de gestion des grands institutionnels français ont rarement été en mesure de transformer l’essai au trimestre suivant.

Ainsi, BNP Paribas Asset Management (BNP PAM) a souffert d’une décollecte de 9,7 milliards d’euros, la plus forte par rapport à ses rivaux. Sur le semestre, cette contre-performance fait perdre à la société de gestion les gains importants qu’elle avait réalisé au premier trimestre (+7,8 milliards), elle qui avait pourtant été la plus grande bénéficiaire du sursaut des marchés. Au cours de la présentation des comptes de la banque la semaine dernière, la direction a indiqué que la décollecte avait particulièrement touché ses fonds actions, alors que, face à l’absence de reprise durable, les fonds monétaires et obligataires étaient bien orientés.

Natixis Global Asset Management (Natixis GAM) a également connu une décollecte notable (de 5,7 milliards d’euros). Mais à la différence de BNP PAM, ses fonds monétaires ont également été affectés (-3,2 milliards à eux seuls). Plus généralement, les OPCVM français ont vu leurs encours diminuer de 9,1 milliards d'euros au deuxième trimestre, en raison des craintes pesant sur la zone euro.

Cela dit, plusieurs éléments expliquent pourquoi certains gérants ont malgré tout été en mesure de compenser ce climat baissier. L’effet de change a avantagé les gérants ayant de nombreux actifs en dollars, grâce à la baisse de l’euro. Cet effet de change atteint 10,5 milliards d’euros chez Natixis GAM, sept milliards chez Axa Investment Managers (Axa IM) et 4,3 milliards chez BNP PAM.

En outre, les gérants fortement exposés aux produits de taux –par opposition aux actions– ont bénéficié d’un effet de marché positif: ce dernier atteint 18,5 milliards d’euros chez BNP PAM et cumule à 41 milliards pour Axa IM. En conséquence, les encours des sociétés de gestion sont restés globalement bien orientés ou ont affiché une baisse limitée: Axa IM termine le trimestre en hausse de 5,8% à 542 milliards d’euros, Dexia Asset Management reste stable à 78,7 milliards, tout comme Natixis GAM, à 560 milliards (-0,35%), tandis que BNP PAM voit ses encours reculer de 2,5% (412 milliards). Les chiffres d’Amundi, qui seront publiés à la fin du mois d’août, sont attendus avec une certaine impatience.

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