La chute des prêts immobiliers pénalise surtout les jeunes

le 25/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les jeunes et les plus modestes sont les premières victimes de la chute des crédits immobiliers, en baisse de 33,1% au premier semestre

Photo Laurent Cerino - REA

En berne depuis l’été 2011, l’octroi de crédit immobilier en France a poursuivi sa chute au premier semestre. Le montant des crédits immobiliers accordés par les banques a plongé de 33,1% au cours des six premiers mois de l’année sur un an, selon les chiffres publiés hier par l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Pour le deuxième trimestre, le repli est encore plus brutal avec une baisse de 39,2% par rapport à la même période de l’année dernière. En juin, la tendance s’est légèrement améliorée avec un recul contenu à 21,4% mais la comparaison avec le mois de juin 2011 est peu flatteuse. A l’époque, le montant des crédits progressait encore de près de 25%.

«La chute de la demande, et la disparition des dispositifs de soutien comme le prêt à taux zéro dans l’ancien ou le rabotage de la loi Scellier expliquent cette forte baisse. La crise de la dette souveraine a aussi pesé sur l’octroi de crédit, en raison des problèmes de refinancement des banques», explique l’auteur de l’étude, Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris-Ouest. Dans ce contexte, les plus jeunes et les plus modestes sont les plus affectés, et voient même «les marchés de l’accession à la propriété se fermer».

Ainsi, les jeunes ménages qui avaient jusque-là particulièrement profité de ces marchés, se retrouvent en première ligne. Au deuxième trimestre 22% des moins de 35 ans ont bénéficié d’un prêt de 25 ans et plus contre 31,7% en 2011. Dans le même temps, le recul brutal de la durée moyenne des prêts observée en mars a accentué les difficultés sur le marché. La baisse de la durée des prêts semble aujourd’hui se stabiliser à un bas niveau aussi bien dans l’ancien que dans le neuf, souligne l’étude.

Depuis janvier, les tensions sur les crédits immobiliers se sont amplifiées alors même que le crédit est devenu moins cher du fait des assouplissements de politiques monétaires. Les taux de crédit immobiliers se rapprochent désormais de leur plus bas niveau historique depuis 1945 (3,25% en moyenne) atteint en novembre 2010. En juin, ils ont atteint en 3,59% en moyenne. Pour 2012, le volume de crédits accordés par les banques est estimé entre 110 et 120 milliards d'euros soit une baisse de 25% à 30% par rapport à 2011. A des années lumières du record de 2007 à 170,2 milliards.

A lire aussi