Madrid et Rome contraints de ressortir l'arsenal antispéculation

le 24/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le taux d'emprunt espagnol à 10 ans est passé hier au dessus des 7,55%. La BCE pourrait devoir reprendre son programme de rachat

Les principales places boursières européennes ont terminé hier dans le rouge. L’extrême volatilité sur les marchés a conduit le régulateur espagnol à suspendre les ventes à découvert sur les valeurs boursières pour 3 mois. De son côté, l’autorité italienne a elle aussi banni le short selling, mais uniquement sur les valeurs financières et ce jusqu'à vendredi. L'AMF a fait savoir que cela ne se justifiait pas en France.

C’est la deuxième fois depuis 2008, que ce type de mesure est prise en Europe. En août 2011, la France, la Belgique, l’Espagne et l’Italie y avaient eu recours mais sans réel impact. Cette fois encore, cela pourrait ne pas suffire à éteindre l’incendie. Car après les banques ibériques, ce sont désormais les régions qui sont au cœur de la bourrasque. Incapables d’assumer leurs dettes, deux d’entre elles ont déjà dû solliciter l’aide de l’Etat la semaine dernière. Hier, de mauvaises statistiques économiques sont venues un peu plus noircir le tableau. Après un repli de 0,3% au premier trimestre, le PIB espagnol s’est encore contracté de 0,4% au deuxième trimestre.

Cette poursuite de la récession a nourri la défiance des investisseurs qui ont porté le taux d’emprunt espagnol à 10 ans au-delà des 7,55%, soit un plus haut depuis la création de l’euro. La situation est d’autant plus délicate qu'aucun des mécanismes qui devaient permettre de faciliter le refinancement du pays n’est en place. Certes, les ressources du FESF seront mobilisées pour le sauvetage des banques mais le MES ne sera pas actif avant septembre et, vu les délais de mise en place, aucune intervention n’est attendue avant la fin de l’année. «Ces deux mois de retard coûteront cher à l’Espagne, et durant l’été les regards risquent de se tourner à nouveau vers la seule institution européenne efficiente: la BCE», estiment ainsi les analystes de CM-CIC Securities.

«Alors que le FMI l’a exhortée à reprendre son programmes d’achat de titres, elle pourrait être dans l’obligation de suivre cette demande», poursuivent-ils. Interrogé sur le fait de savoir si la BCE devait en faire plus pour soulager l’économie, le président de la BCE Mario Draghi a déclaré ce week end: «Nous sommes très ouverts. Nous n’avons aucun tabou.» La communauté financière anticipe déjà une prochaine baisse des taux.

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