En retard sur ses engagements, la Grèce va devoir convaincre la Troïka

le 24/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les bailleurs de fonds internationaux du pays arrivent aujourd'hui à Athènes pour évaluer l'avancée des réformes

Les dirigeants grecs ne connaîtront pas de trêve estivale. La Troïka, composée de la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), est attendue dès aujourd’hui à Athènes pour faire le point avant de débloquer une tranche du second plan de sauvetage de 130 milliards d’euros. Les discussions s’annoncent tendues alors que les ratés électoraux ont encore compliqué l’avancée des réformes et que la croissance ne revient pas.

«La Commission est optimiste sur les chances qu'une décision soit prise dans un avenir proche sur le versement d'une aide à la Grèce, bien qu'il soit peu probable que cela se produise avant septembre», a assuré hier un porte-parole de la Commission européenne. Et d’ajouter que «ces derniers mois, la mise en œuvre du programme a pris un retard important en raison des deux scrutins législatifs du printemps.»

La coalition issue du scrutin du 17 juin dernier, emmenée par le conservateur Antonis Samaras, doit s’accorder sur un nouveau plan de coupes budgétaires de 11,7 milliards d’euros pour les années 2013 et 2014. Celles-ci sont censées ramener le déficit sous la barre des 3% fin 2014, contre plus de 9% l’an dernier. L’effort attendu représente près de 5,5% du produit intérieur brut. La semaine dernière, le gouvernement, composé aussi du Parti socialiste d’Evangelos Venizelos et de la Gauche démocratique de Fotis Kouvelis ont échoué à trouver un accord.

La coalition souhaiterait obtenir un délai de grâce de deux ans pour tenir les objectifs budgétaires alors que les péripéties électorales ont ralenti le train des réformes et que la récession économique se prolonge dans le pays. Recevant l’ancien président Bill Clinton, de passage à Athènes, Antonis Samaras n’a pas hésité à dire que la Grèce connaissait l’équivalent de la grande dépression des années 30. Après s’être contractée de 7,5% au quatrième semestre 2011, la croissance en Grèce a reculé de 6,5% sur les trois premiers mois de 2012.

La Grèce pourrait aussi être à court de liquidités. Le 20 août prochain, elle devra faire face à une tombée d’obligations détenues par la BCE pour 3,1 milliard d’euros selon Bloomberg. La semaine dernière, une source du ministère des Finances grec assurait que le gouvernement cherchait à obtenir un prêt-relais des bailleurs internationaux pour passer l’été.

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