Les régions espagnoles appellent le pouvoir central à l’aide

le 23/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les marchés ont sanctionné vendredi la demande de la région de Valence et les mauvaises nouvelles économiques. La région de Murcie a suivi hier

Rendement espagnol à 10 ans le 20-07-2012

Nouvelle journée torride pour l’Espagne vendredi : la demande d’aide de la région de Valence à l’Etat espagnol et les sombres perspectives économiques ont de nouveau paniqué les investisseurs. Le coût d’emprunt de la dette espagnole à 10 ans s’envolait vendredi au-dessus de la barre fatidique des 7%, à 7,3%, la prime de risque dépassant les 600 points de base.

La région de Murcie a également demandé de l’aide hier. Les deux régions sont les premières à solliciter l’aide de l’Etat espagnol pour faire face à l’échéance de leur dette. Selon El Pais, Valence demanderait 2 milliards d’euros au Fonds de liquidité pour les régions, un mécanisme mis en place la semaine dernière. Quant à la région de Murcie, son président, Ramon Luis Valcarcel, indiquait à un quotidien régional qu’il demanderait entre 200 et 300 millions d’euros. Selon la presse espagnole, la Catalogne, la Castille-La Manche, les Baléares, les Iles Canaries et l’Andalousie pourraient suivre leur exemple. En contrepartie, elles seront soumises à des conditions budgétaires très strictes.

Alors que les experts craignent de voir augmenter la dette espagnole, le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, se veut rassurant et assurait mercredi au Parlement que la création de ce fonds ne supposera pas d’émission de dette supplémentaire de la part du trésor espagnol.

«Le fonds est doté de 18 milliards d’euros, dont 6 proviennent de la Loterie nationale. D’où vont venir les 12 autres milliards?», se demande pourtant Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’études boursières de Madrid. Il rappelle que les fonds qui seront octroyés à l’Espagne sont qualifiés de dette publique. Donc, si l’Espagne n’émet pas de dette en plus, il ne lui restera plus qu’à vendre son patrimoine, c’est-à-dire ses entreprises publiques, souligne le professeur.

Selon lui, il semblerait que les marchés misent sur un sauvetage de l’Espagne et pas seulement de son secteur bancaire. Les prévisions économiques annoncées après le Conseil des ministres vendredi pourraient confirmer ces craintes. Le ministre des Finances, Cristobal Montoro, a fait savoir que les dépenses augmenteraient jusqu’à 9,2% en raison de la hausse du coût de financement de la dette et de la sécurité sociale. Pour noircir le tableau, le gouvernement prévoit la poursuite de la récession en 2013 avec un recul du PIB de 0,5% et une augmentation du chômage à 24,6%.

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