La faible croissance britannique montre les limites de l'austérité

le 23/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le déficit de juin est plus élevé que prévu. Le Fonds monétaire international suggère de ralentir le rythme de la consolidation budgétaire

La Grande-Bretagne est plus que jamais tiraillée entre le maintien de sa crédibilité budgétaire et le soutien de sa croissance. Le déficit est ressorti plus élevé que prévu en juin, à 14,4 milliards de livres (hors soutien au secteur financier) contre 13,9 milliards de livres il y a un an. Le consensus tablait sur 13,4 milliards de livres. Même si le produit de la TVA a augmenté, celui de l’impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés a diminué. Alors que le gouvernement tablait sur une hausse des recettes de 4% au cours des trois premiers mois de l’année fiscale, elle n’a été que de 2,5%.

«Il est clair que la récession conduit à une détérioration de la situation budgétaire britannique et soulève des questions sur l’efficacité des mesures d’austérité du gouvernement», assure James Knightley, économiste chez ING. Le Trésor britannique a relativisé cette nouvelle soulignant que les chiffres étaient volatils et susceptibles d’être révisés. Pour David Tinsley, économiste chez BNP Paribas, «même si le déficit ne se réduit pas autant que le gouvernement le voudrait, les finances publiques deviennent plus soutenables.»

Selon les statistiques publiées par le Fonds monétaire international (FMI), le déficit après avoir atteint -8,2% du PIB en 2011 devrait ressortir à -8% cette année. La dette devrait s'élever à 71,9% du PIB et 76,4% en 2013. Encore faudrait-il que la croissance soit au rendez-vous. Elle était en recul de 0,3% au premier trimestre. Les chiffres du second trimestre seront publiés mercredi. Selon le consensus de Bloomberg, le PIB devrait se contracter de 0,2%.

Le rapport du FMI publié la semaine dernière sur la Grande-Bretagne souligne «l’importance de ne pas nuire à soutenabilité budgétaire et à la crédibilité» du pays encore noté AAA. Cependant, le Fonds reconnaît que la «reprise stagne». Au point que de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire et éventuellement une baisse des taux doivent être mises en œuvre. La Banque d’Angleterre a déjà augmenté son programme de rachat d’actifs de 50 milliards de livres et proposé d'encourager le crédit.

Le FMI estime que le gouvernement devrait réorienter son budget pour soutenir au mieux l’activité. Enfin, «le rythme de consolidation budgétaire devra être ralenti si la reprise ne décolle pas après les nouvelles mesures d’assouplissement monétaire et de soutien du crédit.»

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