L'Espagne emprunte à des taux records face à une France valeur refuge

le 20/07/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pays a adjugé 3 milliards de dette espagnole à des coûts d'emprunt toujours plus élevés. La France lève 9 milliards

Les adjudications de dettes espagnoles et françaises à moyen terme ont donné lieu à des résultats contrastés. Hier, l’adjudication de dette espagnole a une fois de plus démontré que Madrid, engluée dans la crise de la dette et fragilisée par son système bancaire, n’avait pas d’autre choix que d’emprunter à des taux toujours plus élevés. Le prix de l'émission obligataire espagnole sur les marchés a même atteint mercredi un taux record pour le pays depuis la création de l’euro.

L’Espagne qui espérait lever entre 2 et 3 milliards d’euros a finalement émis pour 2,98 milliards de dette respectivement à 5,2% à 2 ans, 6,45% à 5 ans et 6,7% à 7 ans. La France a pour sa part réussi à placer des bons du trésor (BTAN) à 3 ans, 4 et 5 ans, à des taux inférieurs à 1%, ainsi que des indexées sur l'inflation, pour 8,96 milliards. Les taux se sont même rapprochés de 0% pour la ligne 2015, à 0,12% contre 1,09% le 16 février dernier pour une émission obligataire du même type, tandis que l'OATi 2019 est partie à un taux réel négatif de 0,17%.

Le coût moyen de financement de la dette française poursuit ainsi sa détente, à 2,05% depuis le début de l'année. La semaine dernière, pour la première fois, la France a même émis de la dette à des taux négatifs sur 3 et 6 mois, à l’image de plusieurs autres pays en Europe. L'Agence France Trésor continue de profiter de la défiance qui s’est installée à l’égard des pays périphériques de la zone, et consolide ainsi sa position de valeur refuge malgré la situation de ses finances publiques plombées par un fort endettement. Le programme de financement à moyen long terme est désormais réalisé à 77% pour 2012.

«L'Espagne cherche à vendre, même en dessous du 'bid' du marché, alors que la France peut se permettre d'émettre à des niveaux très bas (grâce à ) une place politique de premier ordre en Europe», a indiqué à Reuters Anne-Emmanuelle Siméon, responsable du département taux chez Louis Capital Markets. La communauté financière souligne également que la dette française a profité de l'appétit constant des banques françaises tandis que les établissements de crédit ibériques achètent beaucoup moins de dette espagnole qu'auparavant.

Après l'adjudication de dettes espagnoles le taux à 10 ans de l'Espagne est repassé hier au-dessus du seuil psychologique de 7%, tandis que le rendement français s'établit à 2,08% pour un Bund allemand qui évolue aux alentours des 1,3%.

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