«Les taux longs français sont otages de flux violents et contradictoires»

le 11/06/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

François Raynaud, gérant obligataire dette souveraine zone euro, LCF Edmond de Rothschild

L'Agefi: Quelles mesures peuvent encore être envisagées par la BCE ?

François Raynaud: Trois principales mesures sont actuellement envisageables par la BCE. La première et la plus probable à court terme est une baisse des taux directeurs de 50 pb qui donnerait de la marge aux banques en difficulté. La seconde serait une nouvelle opération de refinancement à long terme. Lors du dernier conseil mensuel, Mario Draghi a pour l’instant écarté cet instrument, les effets de la liquidité apportée par les deux premiers LTRO n’ayant pas été transmis à l’ensemble de l’économie. La troisième, une augmentation du programme d’achat de titres (SMP) actuellement limité à 224 milliards d'euros soit un niveau faible en comparaison des programmes de la Fed (900 milliards de dollars) et de la BoE (275 milliards de livres). Cette mesure ne semble actuellement pas favorisée car elle rencontre l’opposition de l’Allemagne, réticente à augmenter les risques portés au bilan de la banque centrale. Elle permettrait cependant de soutenir le marché secondaire des dettes souveraines en baissant les taux d’intérêt supportés par les pays membres. Mario Draghi a de plus souligné que la BCE ne souhaite pas pallier le manque de décisions politiques sur le devenir de la zone euro, faute de quoi les mesures de la banque centrale ne permettront que de gagner du temps sans régler le problème de fond : la création d’une union politique correspondant à l’union monétaire.

Jusqu'à quel niveau peuvent tomber les taux longs français ?

Les taux ne reflètent plus une valeur fondamentale mais sont otages de flux violents et contradictoires (cf. les taux allemands). A court terme, 3% sur les taux 30 ans semble un bon plancher.

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