Le plan du Nasdaq pour indemniser les investisseurs de Facebook hérisse ses concurrents

le 11/06/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Nyse Euronext et Direct Edge redoutent que les réductions de frais de courtage proposées nuisent à la concurrence. Bats est sceptique.

Le plan d’indemnisation de quelque 40 millions de dollars proposé par Nasdaq aux investisseurs lésés lors de l’introduction en Bourse de Facebook déçoit les principaux intéressés et inquiète ses concurrents. Alors que l’autorité de régulation des marchés américains, la Securities and Exchange Commission doit encore approuver ledit plan, Nyse Euronext a déclaré dans un communiqué qu’il «serait injuste et nuisible à la concurrence».

Selon la Bourse transatlantique, «cette tactique pourrait potentiellement détourner des flux d’ordres vers le Nasdaq» et lui permettre de gagner des parts de marché. Le patron du Nasdaq, Bob Greifeld, a souligné qu’il s’agissait d’un cas unique. Mais la tension entre les deux opérateurs ne risque pas de retomber : Kraft Foods vient d’annoncer son intention de se délister de Nyse Euronext et de passer sur le Nasdaq, notamment pour des questions de coûts. Texas Instruments avait fait la même démarche à l'hiver dernier.

La semaine dernière, la Bourse des valeurs technologiques a proposé d’indemniser ses clients à hauteur de 13,7 millions de dollars en cash. Les quelque 27 millions de dollars restants seraient distribués sous forme de réduction des frais de courtage. Les investisseurs éligibles sont ceux dont l’ordre de vente à 42 dollars ou moins a été exécuté à un prix inférieur au coût demandé ou n’a carrément pas été exécuté, ou ceux qui ont passé un ordre à l’achat à 42 dollars qui a bien été exécuté mais qui n’a pas été confirmé.

«Il y a un horrible conflit d’intérêts pour les courtiers qui doivent décider si le Nasdaq les satisfait pour la qualité de ses services ou s’ils sont motivés par des réductions de prix», a également dénoncé le patron de la plate-forme de trading Direct Edge, William O’Brien. Mark Hemsley, le patron de Bats Chi-X Europe, qui a dû renoncer à sa propre introduction pour des problèmes techniques, s’est aussi dit sceptique.

Les concurrents du Nasdaq ne sont pas les seuls à protester. Pour des raisons bien différentes, Thomas Joyce, le dirigeant du teneur de marché, Knight Capital, a assuré que le plan du Nasdaq était «au mieux décevant» et que la Bourse des valeurs technologiques devait revenir avec «quelque chose de plus raisonnable». La société affirme qu’elle a perdu entre 30 et 35 millions de dollars lors de l’introduction de Facebook. Depuis le 18 mai, le titre a perdu plus de 28% à près 27 dollars.

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