Le Japon amorce un rebond de son activité axé sur la demande intérieure

le 11/06/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’archipel a affiché le plus fort taux de croissance des pays du G8 au premier trimestre, à 4,7%. Mais des doutes subsistent sur le commerce extérieur

Le Japon n'est pas à un paradoxe près. Longtemps contrariée par des chocs exogènes, l’activité japonaise a affiché le plus fort taux de croissance des pays du G8 au premier trimestre, à 4,7% en rythme annuel. Un chiffre qui a même été revu à la hausse, après une première estimation de 4,1%.

La consommation des ménages, qui représente 55% du PIB, a été le principal moteur de ce rebond avec une hausse de 1,2%, apportant une contribution de 0,7 point à la croissance trimestrielle de 1,2%. A ceci s’ajoute la chute moins forte que prévu des dépenses d’investissements à 2,1%, et la baisse de 7,8% du yen contre dollar sur le trimestre qui a permis aux exportations de progresser de 3% sous l’effet du dynamisme des ventes automobiles, apportant une contribution positive de 0,1 point à la croissance.

Cependant, «des doutes émergent sur la capacité du Japon à maintenir ce rythme d’activité dans les prochains trimestres» selon Aurel BGC. Le renforcement du yen de 4,5% contre dollar depuis fin mars a entraîné une hausse du déficit commercial de 12,6% à 464 milliards de yens en mai.

Et Aurel BGC de rajouter que «la menace qui semble peser sur l’Asie continentale, avec une dégradation sensible de la conjoncture en Chine et en Inde, et les risques d’aggravation de la crise en Europe assombrissent les perspectives conjoncturelles japonaises». 

Ce constat semble soutenu par l’augmentation de près de 30% en trois ans du prix des importations, alors que les prix des exportations reculaient de 7%. Et l’excédent des comptes courants de ressortir à 333,8 milliards de yens en mai, soit 21,2% de moins que les prévisions du consensus Reuters. Dans ce contexte, les marchés attendent une extension du programme de rachats d’actifs à la prochaine réunion de la BoJ les 14 et 15 juin.

Une mesure regardée avec «prudence» par le ministre des finances. D’autant que les marchés estiment le risque souverain japonais moins élevé que celui de l’Allemagne pour la première fois depuis trois ans.

Le niveau des CDS japonais à 5 ans a chuté de 41 points à 101,8 pb, alors que celui de l’Allemagne progressait à 105,6 pb. Et le taux à 10 ans japonais est même tombé lundi dernier à 0,79%, son plus bas niveau depuis juin 2003. Or, un accord possible entre les partis pour soutenir la hausse de la TVA de 5% à 8% en avril 2014 puis à 10% en octobre 2015 pourrait soutenir cette tendance.

A lire aussi