Que pourrait faire la BCE en cas de sortie de la Grèce de l'euro ?

le 31/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Nous ne nous prononçons pas sur la probabilité de sortie de la Grèce, mais sur les conséquences d’un tel événement, en particulier la réaction de la BCE

Pour les Grecs, une sortie de l’euro tournerait au cauchemar: une dépréciation de 50 à 60% de la monnaie déclencherait une vague d’inflation de 20 à 30% ; la récession atteindrait -15 à -20% du PIB la première année ; sans soutien de la BCE et instauration d’un contrôle des capitaux, les banques grecques succomberaient au retrait des dépôts.

Pour la zone euro, les pertes seraient plus lourdes côté public : des pertes partielles ou totales concerneraient les 53 milliards d’euros versés par l’Union européenne lors du premier plan d’aide ; au moins 40 milliards versés par le Fonds de stabilité FESF au titre du second plan ; 45 milliards estimés d’obligations grecques achetées par la BCE et probablement encore 11 milliards détenus par les autres banques centrales. L’Eurosystème pourrait aussi ne pas revoir tout ou partie des 104 milliards d’euros ouverts sur le compte Target2 de la banque centrale grecque.

Côté privé, les banques étrangères ne détiennent plus que 62 milliards d’euros de dette grecque, largement provisionnée. Le capital physique détenu par les entreprises et les ménages européens en Grèce se limite à 3 milliards.

Reste l’effet que l’événement pourrait déclencher quant à la capacité des autres pays de la zone euro en difficulté à se sortir de l’étau des marchés. Il est largement imprévisible. Et c’est là que la BCE aurait un rôle à jouer. Baisser les taux est possible mais aurait un impact immédiat marginal. Réactiver le SMP (rachats) serait facile, mais on peut penser que la BCE, échaudée par les pertes réalisées, ne le privilégie pas. Au contraire, on peut imaginer une nouvelle LTRO (injection de fonds) pour pallier le fait que les investisseurs privés répugnent encore plus les dettes périphériques. Ceci ne marchera cette fois que si une licence bancaire est donnée à l’ESM (mécanisme de stabilité). Il pourrait alors se refinancer auprès de la BCE pour acquérir directement les titres de dettes menacés. Une LTRO sans associer l’ESM, avant juillet, serait très probablement inefficace.

grèce et sortie de la zone euros
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