La Chine privilégie des mesures ciblées pour relancer l'activité

le 31/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’agence Xinhua rejette l’hypothèse d'un plan de relance massif de même type que celui de 2008, au profit d'investissements dans les infrastructures

La presse chinoise souffle le chaud et le froid sur un éventuel plan de relance de l’activité. Selon le Hunan Daily, le premier ministre chinois a prôné des mesures de stabilisation de l’activité face aux pressions baissières accrues qui pèsent sur la croissance du pays. De son côté, le Hong Kong Economic Times indique que Wen Jiabao s’est engagé à conserver une croissance supérieure à 8% sur l’année 2012, alors que Pékin s’était initialement fixé un objectif de 7,5%. Mardi, des rumeurs avaient évoqué qu’un nouveau plan de relance pouvant aller jusqu'à 2.000 milliards de yuans serait dans les tuyaux.

Certes Pékin dispose de marges de manœuvre par le levier des dépenses budgétaires, les émissions obligataires de l’Etat central restant limitées à environ 20% du PIB. Mais l’économie porte aujourd’hui encore les stigmates du plan de relance massif de 4.000 milliards de yuans (soit 10% du PIB) réalisé en 2008.

L’endettement total de la Chine représente 230% du PIB et le système financier est sous pression avec une hausse de son endettement de 30 points de pourcentage depuis 2008. Le président de Bank of China a d'ailleurs indiqué hier que les autorités ne lui avaient pas demandé d’accroître son volume de crédits. Les créances douteuses des banques chinoises ont progressé de 10,3 milliards de yuans au premier trimestre pour atteindre 438,2 milliards, et les nouveaux prêts accordés par Bank of China ont chuté de 17% sur un an.

Hier l’agence officielle Xinhua rejetait l’hypothèse d’un plan du même type, estimant que la relance budgétaire n’est pas soutenable et privilégiant l’investissement privé en infrastructures. Les investissements dans l'immobilier, l'industrie ou les infrastructures ont contribué à hauteur de 54,2% à la croissance du PIB chinois en 2011. Une hypothèse relayée par Crédit Suisse qui estime que 1.000 à 2.000 milliards pourraient être débloqués pour financer des projets d’infrastructures et des logements sociaux.

Une baisse du seuil de l’apport minimal exigé par les autorités pour l’achat d’un premier bien immobilier de 30%, actuellement à 20%, ainsi que le versement de subventions aux résidents ruraux qui échangent leurs anciens véhicules pour des véhicules moins polluants pour relancer le secteur automobile, ont été évoqués. La semaine dernière, Wen Jiabao a également encouragé les fournisseurs de services locaux à se tourner vers l’extérieur.

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