L'avenir des hydrocarbures non conventionnels dépendra des efforts consentis par l'industrie

le 30/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'AIE estime que la réglementation indispensable à l'exploitation harmonieuse de ces ressources accroîtra les coûts de production

Le gaz peut-il devenir la deuxième source d'énergie au monde derrière le pétrole à l'horizon 2035 ? Dans un rapport présenté mardi à Londres, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) juge cette hypothèse réaliste à condition qu'une réglementation adéquate permette l'exploitation durable des gaz non conventionnels, c'est-à-dire ceux recourant à des techniques de forage innovantes.

Dans ce contexte, la production de gaz non conventionnels, principalement de gaz de schiste, ferait plus que tripler entre 2010 et 2035. Et la part de ces gaz non conventionnels dans la production totale de gaz passerait de 14% à 32% dans plus de deux décennies. Une telle expansion nécessiterait la mise en production d'un million de puits non conventionnels d'ici 2035. Au cours des vingt dernières années, 500.000 puits de ce type ont été exploités.

Pour que cette expansion soit possible, l'industrie devra se conformer à un certain nombre de règles encadrant la production de ces gaz non conventionnels sur les plans environnemental et social. L'AIE reconnaît que ces techniques, qui comprennent par exemple la fracturation hydraulique ou le guidage horizontal, libéreront 12% de gaz à effet de serre en plus dans l'atmosphère. Elle cite une série de «règles d'or», notamment dans quatre domaines : l'isolation des puits et la prévention des fuites; la suppression de la ventilation et la minimisation du brûlage des gaz; le traitement responsable de l'eau; le renforcement de la transparence et le dialogue avec les populations locales. Selon l'agence, de telles mesures «pourraient accroître le coût financier global du développement d'un puits de gaz de schiste d'environ 7%».

Les principaux bénéficiaires d'une croissance soutenue des gaz non conventionnels seraient les pays qui ont été importateurs nets de gaz en 2010, dont les Etats-Unis. En conséquence, la part de la Russie et des pays du Moyen-Orient dans le commerce international de gaz déclinerait d'environ 45% en 2010 à 35% en 2035. En Europe, où le potentiel du gaz de schiste paraît relativement limité, le principal bénéfice sera une diminution des prix du gaz importé, «mettant la pression sur l'indexation sur le pétrole des contrats traditionnels de livraison de gaz».

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