«Le potentiel de baisse de l'euro est loin d'être atteint»

le 29/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Valérie Perez, responsable changes en France chez Deutsche Bank

L’Agefi : Comment voyez-vous évoluer l'euro/dollar à six mois ?

Valérie Perez : Nous sommes plutôt baissiers; nous pensons que l’euro/dollar peut atteindre 1,20 cet été, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le risque souverain et le risque systémique vont faire peser une prime de risque sur l’euro tant que nous n’aurons pas plus de visibilité sur la situation de la Grèce. Par ailleurs, le différentiel de croissance de part et d’autre de l’Atlantique (bonnes statistiques aux Etats-Unis, PMI et IFO en baisse au sein de la zone euro) suggère un différentiel de taux d’intérêts qui jouera en défaveur de l’euro. Enfin, alors que les flux equity vers les Etats-Unis progressent, le moindre réajustement des réserves des banques centrales vers l’euro laissent craindre une érosion de la monnaie unique; dans le même temps, les positions vendeuses sur l’euro sont loin d’avoir atteint un extrême. Pour toutes ces raisons, nous pensons que le potentiel de baisse de l’euro est loin d’être atteint.

Jusqu’à quel point la livre peut-elle faire office de valeur refuge face à l’euro ?

Après avoir été haussiers sur la livre depuis le début de l’année, nous estimons que ce mouvement a atteint son pic et anticipons à présent une baisse. Le mix actuel d’inflation forte et croissance faible ne devrait pas soutenir la devise britannique. Les flux récents d’achats de livres reflètent d’après nos analystes plus la mise en place de positions longues spéculatives que l’attrait pour une valeur refuge. Notre vue baissière sur la livre devrait s’exprimer contre le dollar plus que contre l'euro, du fait des incertitudes qui planent sur la zone.

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