Les divergences entre les économies européennes s'accentuent

le 16/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La zone euro, dont la croissance a été nulle au premier trimestre, échappe à une récession technique grâce à la locomotive allemande

L'activité économique en zone euro a stagné sur les trois premiers mois de l'année après un repli de 0,3% au quatrième trimestre 2011, d'après Eurostat. «Ca aurait pu être pire, mais il y a peu de raisons de se réjouir», résume Martin van Vliet, économiste chez ING. L'Allemagne a continué de tirer l'économie européenne avec une croissance plus nette que prévu, de 0,5% au premier trimestre. Les exportations et la consommation privée y ont compensé le ralentissement des investissements. L'Italie et l'Espagne ont profité de ce dynamisme, affichant une hausse des exportations vers l'Allemagne de 11% et 4% sur un an respectivement.

Mais, en excluant la performance allemande, le PIB de la zone recule toutefois de 0,4%, souligne Bruno Cavalier, chef économiste d'Oddo Securities. La croissance est nulle en France. Le PIB se replie de 0,3% en Espagne et chute de 0,8% en Italie. James Nixon, économiste chez SG CIB décrit «une zone euro de plus en plus divergente avec un contraste de plus en plus fort entre les économies du Nord et celles du Sud». Les Pays-Bas font exception parmi les pays du Nord en enregistrant une baisse de 0,2% de la croissance.

Le reste de l'année ne s'annonce pas sous de meilleurs auspices. En Italie et en Espagne, les réductions de dépenses auront des effets plus marqués à partir du deuxième trimestre. Les derniers indicateurs avancés PMI signalaient d'ailleurs une contraction de l'activité en zone euro en avril. Il faudra attendre le second semestre pour «un retour graduel à une modeste croissance dans la zone euro», prédit l'économiste d'ING. Pour l'année 2012, le PIB de la zone est attendu en repli d'environ 0,3% par les économistes et la Commission européenne, après une progression de 1,5% en 2011. «Le risque d’un 'credit crunch' semble moins prégnant qu’il y a trois mois, la plupart des composantes du PIB restent sous pression et seul le commerce extérieur soutiendra l’activité», anticipent les économistes de Natixis.

Outre la question de la croissance, les membres de la zone euro sont confrontés un autre problème de taille, à savoir la disparité croissante des économies. «On sait que la divergence rend plus difficile le choix du bon policy-mix. A terme, la divergence au sein de la zone euro est antinomique avec l’idée même d’avoir des politiques uniques (monétaire) ou même seulement coordonnées (budgétaire)», prévient Bruno Cavalier.

A lire aussi