La Chine ouvre ses marchés de capitaux aux fonds de pension étrangers

le 16/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour stopper l’érosion des investissements étrangers, Pékin envisage d’élargir le programme QFII aux fonds de pension et aux fonds d'arbitrage

La Chine poursuit l’ouverture de ses marchés aux capitaux étrangers. Les autorités du pays envisageraient la création d’un nouveau mécanisme permettant aux fonds de pension étrangers, actuellement hors du cadre du programme officiel QFII, qui fixe les conditions d’investissement des sociétés étrangères sur le marché chinois, d’avoir un large accès aux marchés de capitaux nationaux, selon le Wall Street Journal. Les fonds domiciliés à Taiwan, Hong Kong et Singapour seraient les premiers bénéficiaires de ce nouveau schéma. Le plus important fonds de pension sud-coréen détenant 316 milliards de dollars d’actifs a d’ailleurs déjà manifesté hier son intention de chercher l’aval des autorités chinoises pour investir un montant supérieur aux 100 millions jusqu’ici autorisés dans les actions locales.

Parallèlement, Pékin envisage d’élargir les conditions de son programme QFII en attribuant des licences aux «hedge funds» et en assouplissant les règles déjà en vigueur. L’obligation d’investir au moins 50% des actifs en actions pourrait ainsi être levée et le plafond d’un milliard de dollars autorisé, relevé.

L’autorité des marchés a attribué 28 nouvelles licences depuis le début de l’année, contre un total de 29 licences consenties au cours de l’ensemble de l’année dernière. Le 16 avril, Pékin avait consenti un quota total de 25,19 milliards de dollars en investissements de la part de 129 institutions financières et porté de 50 à 80 milliards le total des investissements autorisés sur l'année. Les investisseurs qualifiés pourraient en outre être autorisés à émettre des produits structurés, mais pas à en vendre.

Le but de ces mesures serait d’encourager la stabilité des investissements dans les sociétés chinoises en privilégiant les investisseurs de long terme, domestiques ou étrangers. Un bon moyen de restaurer la confiance des investisseurs érodée par des soupçons de délits d’initiés et de manipulations de cours. GaveKal estime que l’indice de la Bourse de Shanghai a gagné seulement 4% en moyenne depuis 2000, malgré une hausse du PIB nominal de 15% par an.

D’autant que l’érosion des investissements directs étrangers (IDE) s’est poursuivie en avril pour le sixième mois consécutif, en baisse de 0,7% sur un an, à 8,4 milliards de dollars. Sur les quatre premiers mois de l’année, les IDE étaient en baisse de 2,4%, à 37,9 milliards, après une hausse de 9,7% en 2011, à 116 milliards.

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