L'Europe accroît sa pression sur les responsables politiques grecs

le 10/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le parti Syriza n'est pas parvenu à former une coalition. Les Européens verseront toutefois 5,2 milliards d'euros d'aide

La presse grecque dans les kiosques, le 7 mai. Photo: Simon Dawson/Bloomberg

Les chances de former un gouvernement en Grèce se sont encore réduites hier. Après qu'Antonis Samaras, le patron de Nouvelle Démocratie, a jeté l'éponge lundi, Alexis Tsipras, le chef de la coalition de la gauche radicale, Syriza, en a fait de même hier soir. Son opposition au plan de sauvetage européen l'a empêché de trouver auprès de Nouvelle Démocratie et du Pasok des alliés pour former une coalition. Après cet échec, il revient à Evangélos Vénizélos, le chef du parti socialiste, de tenter à son tour de trouver une issue à ce blocage. La tenue de nouvelles élections législatives le 17 juin se précise dans ce contexte. A moins que l'Union européenne parvienne à peser sur la vie politique locale d'ici là.

Un conseil du FESF, le Fonds européen de stabilité financière qui finance les Etats sous programme d'aide, a décidé hier du versement de 5,2 milliards d'euros au pays. Une somme initiale de 4,2 milliards d'euros sera déboursée aujourd'hui, le milliard restant devant être transféré plus tard «en fonction des besoins de financement de la Grèce». Le FESF a précisé que le pays n'avait pas besoin de cette somme restante avant juin.

L'Allemagne et la Finlande notamment rechignaient à verser la somme alors que des partis tels que Syriza veulent remettre en question le plan de sauvetage. La Grèce doit rembourser 3,3 milliards d'euros d'obligations d'Etat le 18 mai à la BCE et aux banques centrales nationales.

L'absence de gouvernement pèsera, c'est sûr, sur la mise en œuvre du deuxième plan de sauvetage du pays, conclu en mars dernier. La Grèce ne recevra plus aucune tranche d'aide financière si elle interrompt sa politique de réformes, a averti Guido Westerwelle, le ministre allemand des Affaires étrangères.

Si la probabilité d'une sortie augmente, elle n'est pas pour autant imminente. Il n'y a apparemment plus de consensus politique pour rester dans la zone euro, reconnaît Nicolas Doisy, économiste senior chez Cheuvreux. Et, pour des raisons économiques, il serait logique que la Grèce, après avoir déprécié sa dette, dévalue et retourne au drachme. Mais il faudra attendre que la zone euro soit prête à gérer cette sortie et donc qu'elle dispose d'un programme d'euro-obligations et qu'elle ait réglé les problèmes de son secteur bancaire. «D'ici là, l'Europe continuera de payer pour la Grèce bon gré mal gré», conclut-il.

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