La réforme du Livret A favorisera les emprunts indexés sur l'inflation

le 09/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le projet de François Hollande de doubler le plafond du livret devrait engendrer des flux de couverture au bénéfice des OATi

François Hollande l’ignore peut-être, mais son élection pourrait faire bouger le marché des obligations indexées sur l’inflation. L’une des mesures proposées par le nouveau président français, le doublement du plafond du Livret A de 15.300 à 30.600 euros, devrait en effet accroître la demande pour les emprunts d’Etat indexés.

La rémunération du Livret A étant fonction de l’inflation française –lorsque la formule est effectivement appliquée– l’évolution de l’indice des prix crée un risque de taux pour les distributeurs du produit. Le raisonnement vaut d’ailleurs pour les autres livrets réglementés (LDD, par exemple), ou les livrets d’épargne classique, dont la rémunération se cale par référence sur celle du Livret A. Pour se couvrir, les fonds d’épargne qui gèrent la majorité de la collecte au sein de la Caisse des dépôts, ainsi que les banques, ont donc intérêt à acheter des OATi, la dette indexée sur l’inflation française.

Environ 9% des 60 millions de Livret A étaient au plafond fin 2010, selon le dernier Observatoire de l’épargne réglementée. Ces comptes captaient 40% de la ressource. A fin mars, l’encours de Livret A atteignait 224 milliards d’euros.

Quel serait l’effet du relèvement du plafond sur la collecte? Barclays Capital, dans une note publiée le 4 mai, fait l’hypothèse «conservatrice» que les titulaires de livrets pleins profiteront de la moitié de la hausse du plafond (portant ainsi l’encours moyen à 23.000 euros). «Cela équivaudrait à une collecte de 41 milliards d’euros, note BarCap. Pour remettre ce montant en perspective, la forte hausse des encours du Livret A et du Livret Bleu de novembre 2008 à mars 2009, période qui permet de capter l’effet de la banalisation de la distribution du produit, atteignait 29 milliards d’euros.»

A l’époque, cette forte collecte avait coïncidé avec une appréciation relative des OATi par rapport aux OAT€i, les emprunts d’Etat français indexés sur l’inflation de la zone euro. Pour BarCap, l’OATi 2017 est la mieux placée pour bénéficier du doublement du plafond. Avec un autre argument: «si la situation en Europe empire, les OAT indexées souffriront en général, mais les titres indexés sur l’inflation européenne subiraient une pression vendeuse supérieure à celles des linkers sur inflation française, car ces derniers sont largement détenus par des investisseurs domestiques», estime la banque.

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