Les ABS ont été moins utilisés comme garantie auprès de la BCE en 2011

le 09/05/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Plutôt que les obligations adossées à des actifs, ce sont les crédits bancaires qui ont été les plus apportés en collatéral à la banque centrale

En 2011 les banques ont moins compté sur les titrisations pour se refinancer auprès de la Banque centrale européenne. Celles-ci représentaient pourtant la première catégorie d’actifs mobilisés à cette fin l’année précédente. Selon le rapport annuel de la banque, les obligations adossées à des actifs (ABS) équivalaient à près de 20% des actifs apportés au guichet de la BCE, derrière les actifs dits non négociables, essentiellement composés de crédits bancaires.

La valeur des actifs apportés en garantie était de près de 1.790 milliards d’euros en 2011, en baisse d'environ 11%. Le montant des actifs éligibles atteignait 13.200 milliards, en recul de 6%. D’après la BCE, «cette évolution s’explique, en particulier, par un tassement sensible des obligations bancaires non sécurisées, en raison principalement de l’expiration de certaines garanties d’Etat» sur ces titres.

Cette baisse a aussi été tirée par la moindre mobilisation des ABS en garantie. Elle est «dans une large mesure imputable au durcissement des exigences de notation appliqué depuis le 1er mars 2011», selon la BCE. Cette dernière a cependant annoncé en décembre 2011, un nouvel assouplissement des critères d’éligibilité des ABS. Il a été complété par de nouvelles obligations de transparence décidées en avril 2012. Les banques sont ainsi priées de prévenir de toute modification d’un ABS apporté en collatéral un mois avant que le changement n’intervienne.

Quant au montant des actifs non négociables, qui ont été le plus mobilisés (23% du total des actifs utilisés), il est passé de 360 milliards à 400 milliards d’euros en 2011. Pour les analystes de Barclays Capital, cette hausse est tirée par la progression des dépôts à terme, qui sont passés de 36 milliards d’euros à 110 milliards d’euros. Ils soulignent par ailleurs que la BCE a tendance à compter de plus en plus sur ce type de collatéral car il est facilement mobilisable par les banques, moins sensible aux changements d’opinions des agences de notations et, enfin, très lié aux prêts aux petites et moyennes entreprises.

Les analystes «s’attendent à ce que la mobilisation de ce type de collatéral progresse encore tant en termes relatifs qu’en termes absolus». En décembre dernier, la BCE a d’ailleurs assoupli les critères éligibles aux créances privées.

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