Standard & Poor's note désormais l’Espagne au même niveau que l’Irlande

le 27/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'agence de notation a annoncé cette nuit avoir dégradé la note de la dette espagnole de deux crans à BBB+/A2, avec perspective négative

C’est le cercle vicieux pour l’Espagne. Alors que le rendement des obligations d’Etat ibériques à 10 ans est revenu à 5,79% hier après avoir récemment atteint 6,05%, S&P a annoncé cette nuit sa décision d’abaisser la note de la dette à court et à long terme du pays de deux crans à BBB+/A2, avec perspective négative. Les risques de dérapages budgétaires plus importants que prévu (à 6,2% en 2012 selon S&P contre un objectif de 5,3%) et un probable soutien de Madrid à son secteur bancaire justifient cette décision. L’agence a ajouté qu’une nouvelle dégradation était possible dans le cas où la dette progresserait au-dessus de 80% du PIB d’ici 2014.

«La perspective négative sur la note de long terme reflète notre opinion sur les risques importants qui pèsent sur la croissance espagnole et sur ses performances budgétaires, et l’impact que nous pensons que cela aura sur la qualité de crédit du pays» explique S&P. L’agence a fortement revu à la baisse ses prévisions de croissance, et s’attend désormais à une contraction du PIB de 1,5% en 2012 et de 0,5% en 2013, alors que sa dernière estimation faisait état d’un retour à la croissance de 0,3% en 2012 et 1% en 2013. La Banque avait fait état lundi d’une contraction du PIB de 0,4% au premier trimestre consécutive à celle de 0,3% au dernier trimestre 2011.

Un cercle vicieux dont s’est plaint hier le président du conseil italien, Mario Monti, en appelant à une réorientation vers la croissance des politiques européennes. «Toutes les réformes structurelles et les mesures de consolidation budgétaire que nous mettons actuellement en place sont déflationnistes, et ne créent pas de croissance». Alors que le président de la BCE, Mario Draghi, a évoqué mercredi la nécessité de doter la zone euro d'un «pacte de croissance», l'UE et le FMI ont autorisé hier l'Irlande à augmenter la part de ses recettes de privatisation consacrée au soutien à l'activité.

D’ailleurs, S&P a également annoncé hier qu’elle confirmait la note de l’Irlande, désormais au même niveau que celle de l’Espagne. Si la note reste sous perspective négative, l’agence a salué les mesures visant à stimuler l'économie du pays. Malgré une dette publique qui devrait atteindre 119% du PIB l'an prochain, le FMI prévoit, contrairement à l’Espagne, une croissance irlandaise de 0,75% en 2012. Alors que le taux espagnols sont sous tension, les taux à 10 ans irlandais sont retombés sous les 7% après avoir atteint un record de 15,51%.

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