Les Pays-Bas parviennent dans l'urgence à un compromis sur le budget 2013

le 27/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux partis de la coalition sortante et trois partis de l'opposition ont réussi à s'entendre sur un plan d'économies

Lâché le week-end dernier en rase campagne par l'un de ses alliés - le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders - le gouvernement de Mark Rutte, aujourd'hui démissionnaire, devait sans tarder trouver un accord de circonstance pour le budget 2013. Les Pays-Bas doivent transmettre lundi à la Commission européenne un projet censé ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB l'an prochain. Rater le coche ferait courir un risque accru à la note AAA du pays.

Un tel scénario ne semble plus être à l'ordre du jour. Selon l'agence de presse ANP, les deux partis de la coalition sortante (les libéraux et les chrétiens-démocrates) ont scellé un compromis avec trois partis de l'opposition (Démocrates 66, la Gauche verte et l'Union chrétienne). «Mon parti m'a donné le feu vert pour le plan dont nous avons discuté», a ainsi déclaré Sybrand van Haersma Buma, chef de file des chrétiens-démocrates à la chambre basse du Parlement. Grâce à ces trois soutiens d'opposition, le gouvernement, qui ne disposait plus de majorité depuis le départ fracassant du PVV, serait assuré de disposer d'une majorité de 77 sièges sur 150 à la Tweede Kamer, la chambre basse du Parlement.

«Les cinq partis pensent qu'ils peuvent respecter la norme européenne de 3%», a estimé le ministre des Finances Jan Kees de Jager, qui appartient à la mouvance chrétienne-démocrate. Stef Blok, le chef de file des libéraux du parti VVD a confié de son côté à la télévision néerlandaise que les réductions de dépenses impliqueraient «des mesures dures et douloureuses qui sont nécessaires pour ramener le budget en ordre avant l'an prochain». Sans entrer dans les détails, il s'est contenté d'indiquer que les économies toucheraient le marché immobilier et les procédures de licenciement.

Jeudi, Fitch avait fait part de son optimisme. «Notre scénario central est que le déficit sera ramené à 3% en 2013 avec un ratio d'endettement public se stabilisant par la suite», soulignait l'agence dans un communiqué. Si cet accord permet de débloquer la situation à court terme, il n'en reste pas moins que le pays s'engage dans une phase d'incertitude politique. Des élections législatives devraient se tenir en septembre. Selon un sondage publié dimanche, le VVD obtiendrait 33 sièges de députés, c'est-à-dire deux de plus que lors des élections de 2010.

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