Finance Watch veut peser dans les débats sur la révision de la MIF

le 25/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'association n'hésite pas à aller plus loin que la Commission et les eurodéputés sur plusieurs des points clés de la régulation

Photo: Agefi

Le «Greenpeace» de la finance veut peser dans le débat sur la révision de l’organisation des marchés financiers européens. Finance Watch, une association née en 2010 sous l’impulsion d’eurodéputés pour développer une expertise indépendante sur les sujets de régulation financière, vient de publier ses positions sur la révision de la directive MIF.

L’association, qui compte une quarantaine de membres dont des think-tanks, des ONG ou des syndicats, veut aller plus loin que la Commission et les députés dans l’encadrement des traders à haute fréquence. Selon son rapport, il ne «peuvent pas apporter de liquidité au marché pour la simple raison que la latence moyenne des ordres est de trois millisecondes». FIA-EPTA, l’association qui représente ces traders a immédiatement réfuté cette analyse, arguant que le secteur contribue à baisser les coûts des transactions au profit des investisseurs finaux.

Quoi qu’il en soit, Finance Watch propose de définir des obligations d’apport de liquidité pour les traders à haute fréquence qui bénéficient de réductions pour plus de 30% de leurs transactions. L’association propose également d’interdire les accès privilégiés aux carnets d’ordres des opérateurs, d’imposer une durée minimum des ordres de 1 seconde et de faire payer plus si quatre ordres ne débouchent pas au moins sur une transaction.

L’association veut aussi encadrer plus drastiquement les marchés de matières premières. Même si elle reconnaît les bénéfices de la spéculation, elle considère que celle-ci a pris trop d’ampleur et que les produits dérivés tirent les prix des matières premières sous-jacentes. Finance Watch propose de mieux définir les positions spéculatives de celles qui servent à couvrir les risques d’une activité commerciale. Elle souhaite qu’un participant de marché ne puisse pas avoir une position spéculative supérieure à 2,5% du marché total. Elle suggère par ailleurs d’interdire tous les produits qui répliquent un indice de matières premières.

Par ailleurs, Finance Watch veut que moins de transactions soient réalisées de gré à gré en définissant dans la régulation celles qui peuvent l’être. L’association veut limiter les dérogations à la transparence prénégociation aux seules opérations de blocs. Enfin, elle propose de supprimer la nouvelle catégorie de place proposée par la Commission, «organized trading facility», car elle nuirait selon elle à la bonne formation des prix.

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