Le sauvetage des banques coûte à l'Allemagne autant qu'à l'Irlande

le 24/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour les deux pays, la facture dépasse déjà 40 milliards d'euros depuis 2008 selon Eurostat, même si elle a moins augmenté l'an dernier

L’addition des aides aux institutions financières depuis le début de la crise est très salée pour l’Irlande est l’Allemagne. Selon les statistiques publiées par Eurostat hier, l’Irlande a dû débourser près de 40,4 milliards d’euros pour sauver Anglo Irish Bank, Irish Nationwide Building Society et consorts entre 2008 et 2011, tandis que l’Allemagne a mis sur la table environ 40,2 milliards pour son secteur financier. C’est en 2010 que les banques ont été les plus coûteuses pour les deux pays avec 33 milliards d’euros injectés par l’Allemagne et 31,5 milliards par l’Irlande.

Ces chiffres contrastent avec ceux enregistrés en France ou en Espagne, Etats qui ont récupéré respectivement 3 milliards et 2,5 milliards d’euros entre 2008 et 2011 en se portant au secours de leurs institutions financières et en se faisant rémunérer leur garanties ou leurs prêts. L’année dernière, la France a ainsi récupéré 600 millions d’euros et l’Espagne 1 milliard. Des montants qui ne prennent pas en compte le coût des soutiens indirects, comme les pertes de la Caisse des dépôts dans Dexia.

Eurostat rappelle que seulement sept Etats membres de l’Union n’ont pas pris de mesures pour leurs banques sur la période, dont la Pologne et la Roumanie. Les Etats de l’Union qui sont intervenus l'ont essentiellement fait par l’émission de nouveaux titres qui représentent environ 70% du passif entre 2008 et 2011.

Par ailleurs, les déficits les plus élevés en 2011 ont été enregistrés en Irlande (13,1% du PIB), en Grèce (9,1%) et au Royaume-Uni (8,3%). En zone euro, il est passé de 6,2% en 2010 à 4,1%. En revanche, le ratio de dette sur PIB est passé de 85,3% à 87,2%. Quatorze Etats membres avaient une dette supérieur à 60% en 2011.

Le coût du sauvetages des banques européennes.
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Le coût du sauvetages des banques européennes.

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