La Chine accroît la flexibilité du yuan en doublant la bande de fluctuation

le 16/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour la première fois depuis 2007, Pékin a élargi la marge de fluctuation de sa monnaie contre le billet vert. Une décision saluée par le FMI

A quelques jours de la session de printemps du Fonds monétaire international et d'une réunion des ministres des Finances du G20, la Chine a fait preuve samedi d'un sens aigu du timing en venant déminer d'éventuelles critiques. La Banque Populaire de Chine (PBOC) a annoncé samedi un relèvement de la bande de fluctuation du yuan, une première depuis 2007. A compter de ce lundi, la devise chinoise peut fluctuer chaque jour de 1%, contre 0,5% précédemment, à la hausse comme à la baisse face au billet vert par rapport à son cours pivot.

La directrice générale du FMI, Christine Largarde, a salué une décision qui «souligne les engagements de la Chine en faveur d'un rééquilibrage de son économie en direction de la consommation interne et permet aux forces du marché de jouer un plus grand rôle dans la détermination du taux de change». Washington a de son côté reconnu que «des progrès ont été réalisés» tout en plaidant pour des efforts supplémentaires.

L'offensive de Pékin répond à divers facteurs conjoncturels. «La banque centrale a choisi la bonne fenêtre de tir (...). Les anticipations des marchés sur une réévaluation du yuan étaient en train de s'atténuer», a estimé Dong Xian'ab, chef économiste chez Peking First Advisory. Cette décision montre aussi que la Chine ne s'attend pas à un atterrisage brutal de son économie et qu'elle pense être en mesure d'encaisser des chocs provoqués par de nouvelles réformes, alors que la croissance a ralenti à 8,1% au premier trimestre.

Cette mesure illustre dans le même temps une accentuation des réformes, deux semaines après avoir l'annonce d'un relèvement du quota annuel de détention autorisée de dette étrangère à long terme par les banques étrangères. Sur un plan plus politique, le pouvoir chinois confirme également cette volonté d'ouverture au moment où la disgrâce de l'ex-étoile montante du parti, Bo Xilai, sème le trouble au sein de ses organes de direction. Jim O'Neill, président de Goldman Sachs AM, voit ainsi que les signes d'une «reprise de réformes accélérées montent en puissance». Courant avril, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a notamment exprimé le besoin de briser le «monopole des grandes banques».

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