La Banque de France va verser 3,4 milliards d'euros à l'Etat cette année

le 16/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si la banque a généré plus de revenus en 2011, elle prend aussi plus de risques. Ce qui l'a amenée à renforcer sa structure financière

La Banque de France devrait verser près de 3,4 milliards d’euros à l’Etat au titre de 2011. Ce versement correspond à 877 millions d’euros de dividendes auxquels il faut ajouter un impôt sur les sociétés de 2,014 milliards. Le gouverneur, Christian Noyer, a par ailleurs précisé que l'établissement devrait obtenir environ 530 millions d’euros après la conversion des derniers francs et les reverser à l'Etat.

En 2011, le résultat d’exploitation courant de la banque a atteint «un plus haut historique» à 5,65 milliards d’euros. Il a crû de 25% par rapport à 2010 pour deux raisons. D’une part, la circulation fiduciaire a progressé de près de 5% dans l’Eurosystème, ce qui a permis à la banque d’augmenter ses placements rémunérés. D’autre part, les opérations de politique monétaire exceptionnelles ont permis à la banque d’augmenter ses placements à long terme. Résultat, malgré des taux de refinancement bas, le taux des emplois nets rémunérés de la Banque est ressorti à 4%. Christian Noyer s’est félicité que les résultats financiers de l’institution soient ainsi moins sensibles aux taux de la BCE.

Dans le même temps, le bilan de la Banque a augmenté (il a été multiplié par 6 depuis 2001). «Nous avons plus de revenus mais aussi plus de risques», a expliqué le gouverneur. Pour y faire face, la Banque a renforcé le fonds pour risques généraux, dédié à la couverture des risques financiers autres que le change, de 2,06 milliards, pour le porter à 3,81 milliards. Après cette dotation et le paiement de l’impôt sur les sociétés, le résultat net de l’exercice est ressorti en baisse à 1,57 milliard. Par ailleurs, le capital a été porté à 1 milliard d’euros, ce qui a permis d’augmenter la réserve spécifique.

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes s’était montrée sceptique vis-à-vis du programme de cession d’or mené par la Banque. Christian Noyer a rejeté ces critiques en bloc, justifié sa politique par le besoin de diversifier les réserves de changes et estimé que compte tenu de l'évolution du cours de l’once, la Banque de France a fait mieux que beaucoup de ses consœurs. Alors que les magistrats prônaient une meilleure maîtrise des charges de personnel, le gouverneur s’est félicité que le point mort, c'est-à-dire le taux minimal de rémunération des placements nécessaires à la couverture des charges ait encore baissé à 0,80% en 2011.

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