La microéconomie suffira-t-elle à redonner un second souffle aux marchés actions ?

le 11/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les indices actions ont violemment reflué malgré la bonne résistance des entreprises de la zone euro à la dégradation de l’activité en Europe

Après avoir bénéficié d’un regain d’optimisme suite à l’éloignement du risque de crise cardiaque en zone euro lié à la crainte de faillite bancaire, les investisseurs sont revenus à la dure réalité de la résolution d’une crise de surendettement global dans une société vieillissante. En effet, les inquiétudes persistantes au sujet de la capacité des Etats européens les plus fragiles à concrétiser leur objectif de réduction des déficits publics et des comptes courants ont fait passer au second rang la relative résistance des entreprises à la dégradation en cours de l’activité sur le Vieux Continent.

Pourtant, comme le mois dernier, les analystes financiers ont fait preuve d’un moindre pessimisme en ce qui concerne la profitabilité des entreprises européennes : notre ratio du nombre de révisions à la hausse sur le nombre de révisions à la baisse pour les profits 2012 a poursuivi sa progression, passant d’un niveau extrêmement faible de 0,3 fin octobre à près de 1 aujourd’hui pour l’EuroStoxx. Or, on sait que les marchés actions sont avant tout corrélés à la pente de notre indicateur, ce qui aurait dû soutenir les indices européens au cours des dernières semaines. Il n’en a rien été, les investisseurs considérant ce regain d’optimisme comme passager au regard des perspectives médiocres dans la zone. Conséquence, l’indice large de la zone euro a corrigé de 9,7% depuis son point haut du 19 mars dernier.

Si nous continuons à considérer l’environnement actuel des marchés actions en Europe comme similaire à celui qu’a connu le Japon au cours des années 90 avec une succession de faux démarrages ayant contribué à faire tendre le Nikkei vers le bas, la violence de la correction nous semble toutefois ouvrir la porte à une opportunité tactique de retour sur les marchés actions du Vieux Continent, les mouvements ne s’effectuant jamais en ligne droite.

En effet, comme nous l’indique le graphique ci-dessous, nous n’avons dénombré dans l’histoire boursière que 3,2% des cas pour lesquels l’EuroStoxx a connu une correction de plus de 9% en seulement 16 jours ouvrés. Dans ces conditions, nous redevenons plus optimistes à court terme pour les marchés actions de la zone euro.

Performance EuroStoxx50
ZOOM
Performance EuroStoxx50

A lire aussi