«La tendance du premier trimestre pourra difficilement se poursuivre»

le 10/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Frédéric Penel, responsable de la gestion taux chez CCR AM

L'Agefi: Pourquoi êtes-vous passés d’une perspective positive à une perspective neutre?

Frédéric Penel: Nous voyons bien, depuis deux ans, que le marché est principalement tiré par l’actualité concernant les dettes souveraines des pays périphériques de la zone euro. Des phases de crises (avril 2010, août 2011), marquées par une brusque et forte montée de l’aversion au risque, sont suivies de phases de détente plus ou moins lentes selon la difficulté dont fait preuve l’Eurozone pour y répondre. Nous sortons d’un trimestre très favorable. L'indice Itraxx Europe sur la dette investment grade à cinq ans a en grande partie effacé les écartements de 2011 (129 pb actuellement contre 105 à la fin juin 2011). Aujourd'hui, les inquiétudes reprennent et se focalisent plus précisément sur la situation espagnole, ce qui nous amène à considérer que la tendance du premier trimestre pourra difficilement se poursuivre en avril. Les investisseurs risquent de se montrer plus hésitants.

Comment voyez-vous évoluer le marché des émissions de crédit corporate?

Le contexte du début d’année a donc été favorable aux investisseurs, mais également aux émetteurs du fait d’un relatif regain de confiance et de taux maintenus à des niveaux très bas. Toutefois, les politiques budgétaires restrictives menées partout en Europe, sur un terrain déjà fragile, devraient avoir des impacts négatifs rapides sur la croissance, tout comme la poussée des prix de l’énergie. Les problématiques de gestion de dette devraient prendre le pas sur d’hypothétiques financements d’investissements, conduisant à un marché plus atone qu’en début d’année et plutôt placé sous la menace d’une nouvelle flambée des spreads.

Credits, previsions CCR AM
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