NYSE Euronext progresse sur le chemin de sa réorganisation stratégique

le 03/04/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'opérateur boursier compte se lancer sur le marché des différentiels de cours et vise 250 millions de dollars d’économies annuelles d’ici 2014

NYSE Euronext entend démontrer que l’échec de la fusion avec Deutsche Börse ne lui a «laissé aucune cicatrice». C’est ce qu’a indiqué son directeur général, Duncan Niederauer, lors de la journée investisseurs qui se tenait hier. L’opérateur boursier a ainsi annoncé qu’il allait lancer de nouveaux produits dérivés sur les marchés européen et britannique. Et notamment un marché de produit de différentiel («spread») de prix entre deux titres («contract for differences», ou CFD) d’ici le premier trimestre de l’année prochaine. Une activité en développement depuis neuf mois pour un coût de 11 millions de dollars, mais qui devrait s’avérer profitable dès 2014. NYSE Euronext ne compte néanmoins pas assurer la contrepartie sur ces activités.

Le marché des CFD, destinés aux investisseurs particuliers ainsi qu’aux traders qui exercent des activités «intra-day», pèse 8 milliards de dollars et est en croissance rapide en Europe continentale et au Royaume-Uni. «La taille de ce marché est gigantesque, et nous aurons l’avantage d’être les premiers en ce sens que nous ne parierons pas contre nos clients» explique Garry Jones, responsable des activités dérivés chez NYSE Euronext. Ces activités sont néanmoins interdites aux Etats-Unis, où la Securities and Exchange Commission a restreint les activités de spreads, et est sujette à controverse suite à la faillite de MF Global et de Worldspreads.

L’opérateur boursier vise 250 millions de dollars d’économies annuelles d’ici 2014 au travers de coupes dans les dépenses et de synergies, soit près de 15% de sa base de coûts anticipé pour 2015. Environ 90 millions proviendront de l’harmonisation de la technologie sur les différentes plates-formes, tandis qu’un montant similaire est attendu de la centralisation de ses activités de marché et du développement de son modèle de service partagé.

Les activités de compensation de la Bourse transatlantique avaient déjà subi une refonte avec un basculement de tous les contrats dérivés sur sa chambre londonienne, NYSE Liffe, à partir de 2014. L’internalisation à partir de mi-2013 des services bancaires, de garantie et de gestion des défauts, jusqu’ici externalisées auprès de LCH.Clearnet, est censée générer 30 millions de dollars d’économies. Mais NYSE Euronext n’a pas pour autant abandonné tout espoir de fusion. Duncan Niederauer a indiqué qu’il allait poursuivre des fusions «stratégiques».

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