La Place voit d'un bon œil la nouvelle organisation de Nyse Euronext

le 30/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le plan de compensation ouvre des possibilités de «netting» mais soulève notamment la question de l'accès à la liquidité centrale

La Place de Paris accueille plutôt favorablement les annonces de Nyse Euronext en matière de compensation. La Bourse a annoncé qu’à partir de 2014 les dérivés échangés sur le continent ne seront plus compensés via LCH.Clearnet à Paris mais avec les dérivés traités en Grande-Bretagne, de manière internalisée. Les marchés cash en revanche resteront compensés à Paris.

En matière de dérivés, «c’est bien plus robuste pour le calcul des risques que les contrats qui sont directement créés sur un marché soient compensés par la chambre de compensation qui lui est propre», argue Philippe Ruault, responsable des produits de post-marché chez BNP Paribas Securities Services. Les utilisateurs auront aussi la possibilité de faire du «netting» entre les produits dérivés échangés à Londres et à Paris, ce qui permet de réduire les montants apportés en garantie aux chambres.

S’il salue ces opportunités, Guillaume Heraud, directeur de la compensation chez Société Générale Securities Services nuance : «On utilise des outils de LCH.Clearnet qui viennent juste d’être renouvelés». Et d’ajouter: «Le fait que la chambre de compensation londonienne n’ait pas un accès direct à la liquidité centrale pour des contrats euro parce qu’elle est hors de la zone euro peut être problématique». Enfin, «le pôle d’expertise parisien sur les actions va perdre un élément important avec la compensation sur les dérivés actions».

«LCH.Clearnet n’a jamais réussi à consolider son activité de compensation de dérivés entre Londres et Paris depuis la fusion [en 2003]. Est-ce que Nyse Liffe peut réussir dans des délais aussi serrés? C’est très ambitieux», relativise également David Sagnier, PDG de Rfq-hub, une plate-forme dédiée aux dérivés. Par ailleurs il estime «dangereux que Nyse Euronext se retourne vers LCH.Clearnet pour compenser la partie cash alors que la chambre est détenue par le LSE, son plus gros concurrent en Europe».

Guillaume Heraud souligne cependant que le modèle horizontal sur le cash est souhaité par beaucoup d’utilisateurs: « Si on peut compenser d’autres marchés que Nyse Euronext sur LCH.Clearnet, cela contribue à baisser certains prix et facilite l’organisation opérationnelle chez les utilisateurs». Et Philippe Ruault chez BNP d'ajouter : «Sur le cash equity il y a déjà beaucoup trop de chambres de compensation, on n'a pas besoin d’avoir de nouveaux coûts d’interopérabilité». 

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