La Chine fait un pas supplémentaire sur le chemin de la réforme financière

le 30/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pékin a relevé le quota annuel de détention autorisée de dette étrangère à long terme par les banques étrangères en Chine, à 24 milliards de dollars

Pékin repasse en mode actifs sur les réformes. La Commission de réforme et de développement (NDRC) a relevé le quota annuel de détention autorisée de dette étrangère à long terme par les banques étrangères en Chine, à 24 milliards de dollars. HSBC, Deutsche Bank, JPMorgan ou Citigroup verront ainsi le quota fixé augmenter individuellement de 10% à plus de 50%. Une mesure destinée à «promouvoir l’ouverture du secteur financier, à donner un rôle plus important aux banques étrangères dans les flux de capitaux, et favoriser le développement économique du pays» explique l’autorité de régulation.

En 2011, la Chine a emprunté 44 milliards de dollars en dette étrangère de long terme, dont seulement 5,3 milliards par les banques étrangères. La décision annoncée «permettra de réduire la part des emprunts à court terme, plus sensibles aux mouvements de capitaux», selon Citigroup.

«Si le chiffre de 24 milliards n’est pas important, il montre néanmoins que la Chine prend des mesures pour gérer le ralentissement des entrées de capitaux», estime China Merchants Bank. Les investissements directs étrangers ont reculé de 0,9% sur un an en février, à 7,7 milliards de dollars. La baisse des coûts de financement et le coût d’arrêt dans l’appréciation du yuan permettent aux autorités chinoises de relâcher la pression. Le yuan baissait de 0,04% hier à 6,3088 contre dollar, un recul de 0,23% depuis le début de l’année après un gain de 4,7% en 2011. La NDRC a également indiqué que les banques étrangères pourront emprunter en yuan sur les marchés étrangers.

Parallèlement, Pékin a également mis sur pied un projet pilote à Wenzhou qui autorise les prêteurs privés de la ville à agir en tant qu’organe d’investissement afin d’augmenter le volume de crédits aux PME et lutter contre la finance de l’ombre. «Cela facilitera l’accès au crédit du secteur privé, un élément clé de soutien à la croissance en phase de ralentissement économique» estime Dariusz Kowalczyk, stratégiste chez Crédit Agricole CIB. L’Etat chinois envisage également d’autoriser les résidents à investir directement à l’étranger, à hauteur de 3 millions de dollars par an et par personne. Une mesure qui leur permettra d’obtenir de meilleurs rendements que dans les établissements chinois où les taux de dépôt sont inférieurs à l’inflation.

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