L'Espagne revient au coeur des préoccupations de marché

le 26/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Parti populaire de Mariano Rajoy n'a pas réuni la majorité lors des élections d'Andalousie, alors que le taux 10 ans espagnol remonte à 5,39%

Le drapeau andalou. Illustration: © Rene Grycner - Fotolia.com

C’est une victoire au goût amer pour Mariano Rajoy. Certes, le Parti populaire a pris la tête des élections régionales qui se sont déroulées hier en Andalousie, bastion du Parti socialiste (PSOE), en remportant 50 des 109 sièges que compte le parlement local, un niveau historique. Cependant, en sauvant 47 sièges, le PSOE peut compter sur une alliance avec la Gauche unie, qui en décroche 12, pour priver le gouvernement du contrôle de la région. Le Parti populaire détient déjà 11 des 17 régions que compte le pays.

Un signe inquiétant à seulement cinq jours de la présentation d'un budget 2012 sous haute surveillance. Le gouvernement, qui a déjà voté 15 milliards d'euros d'économies, va devoir trouver 35 milliards supplémentaires en 2012 et 2013 pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit à 5,3% en 2012 et 3% en 2013 avec une contraction du PIB de 1,6% prévue cette année. Une grande partie de cet effort devra provenir des régions dont le déficit doit être ramené de 2,9% du PIB en 2011 à 1,5% en 2012.

«L’Espagne doit respecter ses objectifs afin d'éviter tout revers en termes de coûts d'emprunts sur les marchés» a averti samedi le Commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn. Le président du conseil italien, Mario Monti, s’est permis de donner des leçons en estimant que si Madrid a mené une réforme «décisive» du marché du travail, elle n’a «pas accordé la même attention aux finances publiques». Il s'est dit «énormément préoccupé», expliquant «qu'il ne faudrait pas grand-chose pour provoquer une nouvelle contagion».

Les économistes estiment qu’il s’agit plus d’une crise de liquidité que de solvabilité. Les banques espagnoles disposent de près de 170 milliards d’euros empruntés à la BCE sous forme de MRO et LTRO. Des montants très largement utilisés pour acheter de la dette publique domestique.

Pourtant, les inquiétudes se sont déplacées de Rome à Madrid. Le spread entre les taux 10 ans des deux pays est passé de 200 points de base (pb) en faveur de l’Espagne en début d’année à 33 pb en faveur de l’Italie vendredi. Plus inquiétant: le retour des rendements au-dessus des 5%. Le 10 ans espagnol a gagné 19 pb à 5,39% et son équivalent italien 20 pb à 5,06%. Natixis rappelle cependant que «Madrid est le pays qui a le plus profité de la réouverture du marché consécutive aux VLTROs et pris de l’avance sur son programme avec 43% des émissions programmées effectuées», contre 23,5% pour l’Italie.

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