Le Royaume-Uni diminue son appel au marché

le 22/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le budget 2012-2013, fiscalement neutre, prévoit 168 milliards de livres d'émissions d'emprunts

George Osborne présentant la valise contenant le budget 2012. Photo: Jason Alden/Bloomberg

A l’occasion de la publication du Budget 2012-2013 hier, le chancelier de l’Echiquier britannique George Osborne a réaffirmé l’importance du maintien d’une politique de rigueur ainsi que son intention d’éliminer le déficit courant structurel du Royaume-Uni d’ici à 2016-2017. Le relèvement de la croissance pour cette année a écarté la perspective d’une récession pour le pays. Celui-ci aura donc moins besoin d’emprunter dans un contexte économique un peu meilleur qu’attendu.

L’OBR, l'organisme indépendant de surveillance du budget rattaché au Trésor, a modestement relevé ses prévisions de croissance du PIB britannique à 0,8% cette année comparé à une estimation de 0,7% en novembre, puis 2% pour 2013 (2,1% en novembre) tandis que les perspectives pour 2014, 2015 et 2016 sont restées inchangées. Dans ce contexte économique légèrement amélioré, le chancelier de l’Echiquier George Osborne a révisé à la baisse le niveau du besoin de financement de l'Etat pour l’exercice en cours, à 126 milliards de livres comparé à 127 milliards lors du discours d’automne.

Au total, ces besoins, qui atteindront encore 120 milliards de livres l’an prochain, devront être ramenés à 21 milliards de livres d’ici à 2016-2017, selon l’OBR. La dette du secteur public doit ainsi atteindre un sommet de 76,3% du PIB en 2014-15, soit 2% de moins qu’anticipé en novembre, avant de retomber l’année suivante.

Conséquence de ces annonces, en incluant les tombées à refinancer, les émissions de Gilts vont être moins importantes l’an prochain: le DMO, l’organisme qui gère la dette outre-Manche, a indiqué que le programme d’émissions sera de 167,7 milliards de livres en 2012-2013, comparé à 179,4 milliards pour l’exercice en cours. Soit moins que le consensus médian des analystes fixant à 180,3 milliards de livres le programme d’émissions. En dépit d’un déficit record en février, le chancelier a également réaffirmé son intention d’éliminer le déficit courant structurel du Royaume-Uni d’ici à 2016-2017.

Dans ce contexte, George Osborne a réaffirmé l’importance de poursuivre une politique de rigueur, qui doit lui permettre de retenir la confiance des investisseurs d’obligations mais aussi de préserver le triple A du Royaume-Uni, actuellement menacé. Fitch a d'ailleurs considéré hier que les annonces seraient «neutres» pour le AAA. «Cela devrait apaiser les agences de notation», estimait hier ING.

A l’occasion d’un budget fiscalement neutre, où chaque baisse d'impôt ou hausse de dépense a été compensée, le chancelier s’est néanmoins laissé une petite marge de manœuvre. Critiquée par les travaillistes et les syndicats, la tranche d'imposition de 50% pour les contribuables dont le revenu annuel dépasse 150.000 livres (180.000 euros) sera ramenée à 45% à partir d'avril 2013, et coûtera, selon le chancelier, un maximum de 100 millions de livres.

Le seuil minimal d'imposition est porté à 9.205 livres de revenu annuel (11.000 euros) comparé à 7.475 livres jusqu’à présent. Enfin, le taux de l'impôt sur les sociétés sera lui ramené de 26% à 24% en avril, et à 22% d'ici à 2014. Pas de coup de pouce fiscal en revanche pour les banques dont la taxe sera portée à 0,105% à compter de janvier 2013, de manière à ce que la réduction de l'impôt sur les sociétés ne leur profite pas.

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