Les futures sur la dette française renaissent de leurs cendres

le 22/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Eurex lancera un contrat sur les OAT le 16 avril, alors que le contrat sur le Bund est en situation de quasi-monopole sur ce marché

Un surcroît d'intérêt possible pour les titres français souligne l'AFT. Photo: PHB/Agefi

Plus de dix ans après leur lente agonie sur le Matif, les futures sur la dette française ont droit à une deuxième chance. Eurex, la Bourse de dérivés allemande, a annoncé le lancement d’un contrat sur les obligations à long terme du Trésor français à compter du 16 avril. Il sera similaire au contrat sur le Bund, avec une maturité résiduelle des OAT livrables comprise entre 8,5 et 10,5 ans, une valeur de 100.000 euros et un coupon notionnel de 6%.

Jusqu’à présent, les investisseurs sur la dette française qui voulaient se couvrir devaient passer par le contrat sur le Bund, référence en zone euro. L’Agence France Trésor (AFT) souligne d’ailleurs volontiers, depuis plusieurs années, que l’écart entre les rendements français et allemand s’explique pour une part par la prime de liquidité dont bénéficient les emprunts d’Etat outre-Rhin grâce aux futures. Le volume moyen traité chaque jour sur le Schatz (2 ans), le Bobl (5 ans) et le Bund (10 ans) a atteint en février 1,45 million de contrats.

Eurex a aussi lancé, entre 2009 et 2011, des contrats sur la dette italienne, avec un démarrage beaucoup plus difficile en raison des tensions sur les emprunts italiens. Le volume moyen quotidien sur le future Euro-BTP ne s’élève qu’à 9.287 contrats.

«Il s’agit d’une initiative privée qui pourrait susciter un surcroît d'intérêt des investisseurs pour les titres français et accroître marginalement leur liquidité », indiquait hier un porte-parole de l’AFT.

Pour assurer le succès du nouveau contrat, Eurex a approché plusieurs teneurs de marché qui se sont montrés intéressés, dont Barclays Capital et Morgan Stanley. «Avec la cherté du cash, on voit un certain nombre d’investisseurs chercher des produits de hors bilan, explique Raoul Salomon, managing director chez BarCap. Le future Bund est en situation de monopole. La dette française est de grande taille, avec un marché du repo efficient, tous les éléments sont réunis pour attirer de la liquidité sur le nouveau contrat».

D’autres spécialistes en valeurs du Trésor se montraient hier plus attentistes. «La liquidité sur le marché est largement suffisante. La création de ce contrat est peut-être liée à la baisse des volumes chez Eurex», s’interroge l’un d’eux. Le recul du nombre de contrats traités, amorcé en novembre, a atteint 27,8% sur un an en janvier et février.

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