L'Euribor dollar, concurrent du Libor, verra le jour le 2 avril

le 08/03/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Testée depuis de longs mois, la nouvelle référence de la Fédération bancaire européenne sera basée sur un panel d'une vingtaine de banques

Le lancement d'un nouveau taux de référence pour le financement en dollar est imminent. Testé depuis juin dernier, l'Euribor dollar verra effectivement le jour le 2 avril prochain, a appris L'Agefi. Les turbulences sur le financement en dollar l'été dernier ont allongé le temps de gestation du projet. «Les banques réellement actives sur le dollar sont rares et le volume est moindre, reconnaît Cédric Quemener, directeur de la structure Euribor-FBE (Fédération bancaire européenne). Les nouvelles réglementations européennes se sont traduites par une réduction des liquidités disponibles au sein des banques».

L'Euribor dollar sera lancé avec un panel d'une vingtaine d'établissements, dont quelques banques non européennes, notamment deux chinoises. «Notre objectif est d'élargir encore le panel. Des négociations sont toujours en cours, souligne Cédric Quemener. Pour l'Euribor (euro), 44 banques nous indiquent chaque jour à quel taux une banque de premier rang peut prêter à une autre, ce qui écarte tout risque de manipulation du fixing».

Le taux de référence concurrent, le Libor dollar, qui sert de référence pour une multitude de produits financiers, compte actuellement 18 contributeurs. Le lancement de l'Euribor dollar intervient alors que la crédibilité de la référence de Londres a été entachée par des soupçons de manipulation et de sous-estimation du taux depuis le début de la crise financière en 2007. Les autorités américaines, japonaises, britanniques et européennes ont lancé plusieurs enquêtes sur ce dossier ces derniers mois. La Commission européenne s'intéresse aussi au mode de fixation de l'Euribor.

La FBE travaille sur un autre projet pour que les taux de référence reflètent au mieux la réalité du marché interbancaire. En plus de l'Eonia, qui est un taux effectif basé sur des transactions au jour le jour, elle souhaite mettre en place un taux repo effectif. «Nous pourrons ainsi suivre le spread entre les benchmarks théorique et effectif. Il ne s'agit pas cependant de faire disparaître les benchmarks théoriques qui sont utilisés dans de très nombreux produits», explique Cédric Quemener.

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