L'Autriche taxe ses banques pour préserver sa note

le 29/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La nationalisation de Volksbanken illustre les craintes des agences de notation sur le pays. Son coût sera compensé par une hausse de la taxe bancaire

Vienne n’a pas réglé son problème bancaire. Le gouvernement s’est résolu à injecter jusqu’à 250 millions d’euros de fonds propres dans le groupe mutualiste Oesterreichische Volksbanken (Ovag), contrôlé par des banques régionales aux côtés de DZ Bank et Munich Re. Il montera ainsi jusqu’à 49% du capital. L’Autriche va aussi accorder une garantie sur les passifs de la banque moyennant une commission de 10% par an.

Ce sauvetage était annoncé depuis plusieurs semaines, Ovag étant en pertes et incapable de trouver d’ici à fin juin le milliard d’euros de fonds propres supplémentaires exigés par l’Autorité bancaire européenne. En difficulté depuis le début de la crise financière, l’établissement vient de céder ses activités internationales à Sberbank et sera en partie démantelé.

Pour l’Autriche, la facture est lourde. Le pays avait déjà sauvé Volksbanken une première fois en 2008 en nationalisant sa filiale commune avec Dexia, Kommunalkredit, puis une deuxième fois l’année suivante en lui attribuant un milliard d’euros de fonds propres sous forme de titres sans droit de vote. Lundi soir, le gouvernement a reconnu que 70% de cette première injection de capital seraient purement et simplement effacés. Entre ces dépréciations, la nouvelle avance et la garantie d’Etat, le coût pour les finances publiques pourrait dépasser le milliard. Et l'Autriche devrait encore aider cette année Kommunalkredit en raison de l’exposition du prêteur à la dette grecque.

Pour ne pas léser le contribuable, le gouvernement a annoncé une hausse de 25% de la taxe pesant sur le secteur bancaire. Une mesure qui devrait rapporter 750 millions d’euros supplémentaires d’ici à 2017, date à laquelle Vienne espère céder ses parts dans Ovag. «L’important pour nous est que notre objectif de déficit budgétaire reste intact», a indiqué hier Andreas Schieder, ministre délégué aux finances.

Déjà dégradé le 13 janvier par S&P à AA+, le pays est sous la pression des agences en raison de la faiblesse de son secteur bancaire, qui a aussi enregistré la chute d'Hypo Alpe Adria fin 2008. Moody’s a indiqué début février qu’elle pourrait à son tour priver l’Autriche de son «triple A» en cas de nouvelles aides aux banques. Hier, les rendements à 10 ans autrichiens sont passés juste au-dessus de ceux de la France, à 2,93%, alors qu’ils traitaient à 30 pb en dessous le 2 janvier.

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