Lisbonne s'attend à passer sans encombre la troisième évaluation de la Troïka

le 28/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Même si le gouvernement devrait obtenir un satisfecit de ses bailleurs de fonds internationaux, les perspectives paraissent incertaines

Lors d'une conférence de presse prévue ce matin, le ministre des Finances portugais Vitor Gaspar devrait une nouvelle fois vanter les efforts déployés par Lisbonne pour remonter la pente et se distinguer du cas grec. Pour cela, le gouvernement pourra s'appuyer sur les conclusions de la troisième évalution de la Troïka, qui devrait selon toute logique revêtir un caractère positif. Cet examen mené par l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international s'inscrit dans le cadre du plan d'aide de 78 milliards d'euros attribué en mai 2011.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement de centre-droit a multiplié les initiatives pour tenter de rassurer les marchés : suppression de deux des quatorze mois de salaires pour les fonctionnaires, relèvement des impôts... Il a également pris des mesures exceptionnelles, comme le transfert des caisses de retraite bancaires au budget de la sécurité sociale, devant lui permettre de tenir son engagement d'un déficit ramené à 5,9% du PIB pour 2011. Pour 2012, la barre a été fixée à 4,5% du PIB, un niveau qui pourrait toutefois être relevé en raison de la dégradation de la conjoncture, alors que le taux de chômage s'inscrivait à 14% fin 2011. Avec un tel accent mis sur l'austérité, la capacité du Portugal à promouvoir la croissance fait débat.

Les conditions de financement posent également problème. Avec des taux à 10 ans avoisinant actuellement les 13%, le retour du Portugal sur les marchés obligataires paraît incertain. Les analystes de Citigroup estiment que s'il ne parvient pas à retrouver le chemin des marchés d'ici 2016, le pays devrait solliciter une rallonge comprise entre 50 et 65 milliards d'euros. Et l'hypothèse d'un PSI («Private Sector Involvment») sur le modèle grec est également évoquée. 

Le gouvernement a jusqu'à présent formellement démenti tout besoin d'un soutien financier accru ou d'un délai supplémentaire. Vitor Gaspar aura en tout en cas trouvé un soutien de poids à la veille de la présentation de la Troïka. Le prix Nobel d'Economie 2008, Paul Krugman, en déplacement à Lisbonne, a estimé que le Portugal allait beaucoup mieux que la Grèce. «Ce ne sera pas une catastrophe mais, au mieux, un ajustement très long et douloureux», a-t-il toutefois prévenu.

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