Le marché s'attend au succès de la deuxième LTRO

le 27/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les banques pourront profiter du nouvel assouplissement des critères de collatéral

Tous les acteurs du marché ont les yeux tournés vers les banques. Elles pourront profiter mercredi prochain de la seconde opération de refinancement à trois ans de la BCE (LTRO). La première, réalisée le 21 décembre dernier, avait permis d’apaiser les tensions sur les marchés en offrant 489 milliards d'euros aux établissements financiers. Aujourd’hui, les analystes s’attendent à ce qu'ils empruntent entre 320 et 700 milliards d’euros. L'injection de liquidité devrait abaisser encore le niveau des taux souverains.

Lors de la première LTRO, 523 banques ont souscrit à l’appel d’offres de la BCE. Certaines, comme BPCE et Deutsche Bank, ont fait savoir qu’elles n’iront pas emprunter de nouveau à trois ans car leurs problématiques de financement sont résolues. «Nous nous attendons à ce que le risque de réputation dissuade les grandes banques de l’Europe du Nord d’aller utiliser ce guichet», écrivent d’ailleurs les analystes d’ING. Le président de la BCE, Mario Draghi, a pourtant martelé qu’il n’y avait rien de stigmatisant à cela.

Par rapport à décembre, plus de banques pourront profiter de la LTRO. Car la BCE a de nouveau élargi ses critères de collatéral pour accepter des créances privées, sélectionnées par les banques centrales nationales. L’objectif est de permettre aux plus petits établissements de profiter des largesses de Francfort. Sept banques nationales (France, Espagne, Italie, Chypre, Portugal, Autriche et Irlande) ont saisi cette opportunité. «Etant donné le haut niveau de décote appliqué à ce type de collatéral, le maximum de liquidité disponible grâce à cet assouplissement devrait être de 150 à 170 milliards d’euros», écrivent les analystes de BNP. Ceux-ci s'attendent à une demande de 400 à 450 milliards d’euros. Pour les spécialistes d’UBS, les banques, surtout irlandaises, qui bénéficient du programme de fourniture de liquidités d’urgence de leur banque centrale nationale (ELA) pourraient se tourner vers la BCE à la faveur de cet assouplissement.

Comme lors de l’opération de décembre, la demande devrait être alimentée par l’arrivée à maturité juste avant la LTRO d’opérations de financement à trois mois et six mois (de respectivement 40 et 50 milliards d’euros). En revanche, «nous pensons que les banques sont moins motivées qu’on le dit par les perspectives de carry trade», estiment les experts de Crédit Agricole, qui tablent sur une demande entre 600 et 700 milliards d’euros. Il faut dire que les taux souverains se sont largement détendus depuis décembre.

Faute de savoir combien les banques vont emprunter, les analystes sont moins diserts sur les conséquences de la LTRO. La première n’a pas permis de débloquer le marché interbancaire mais elle a rouvert le marché de la dette bancaire non sécurisée et détendu les taux souverains. Ce mouvement devrait se poursuivre. «Avec de meilleures conditions de financement du secteur bancaire cette année, l’appréciation de la qualité de crédit des banques devrait s’améliorer et les CDS pourraient décliner significativement dans les prochaines semaines », écrivent les analystes de BNP Paribas.

Mario Draghi a, quant a lui, expliqué qu’il espérait voir les banques prêter davantage à l’économie alors que les derniers résultats du sondage sur le crédit n’étaient guère encourageants.

La première LTRO avait détendu les taux.
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La première LTRO avait détendu les taux.

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