La participation du privé à l'effort grec entre dans une quinzaine décisive

le 22/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Si les créanciers ne participent pas suffisamment au plan, la Grèce menace d'activer des clauses d'action collective

Intervention du ministre grec des Finances Evangelos Venizelos. Photo: Kostas Tsironis/Bloomberg.

Après l'accord trouvé hier matin, les créanciers privés vont bientôt pouvoir apporter leurs titres au plan de participation du secteur privé (PSI) précisé par le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos. Ils devront alors supporter une décote de 53,3%, laquelle avait été fixée à 21% en juillet 2011 puis revue à 50% en octobre dernier. L'opération devrait être achevée autour du 10 mars, selon le Premier ministre grec.

Pour eux, les nouvelles modalités de l'échange de dette se traduiront par une perte de 70% sur ces titres, un choc déjà intégré par les banques et les assureurs qui ont passé des provisions pour une perte allant de 70 à 75%. Par conséquent, «le secteur privé dans sa grande majorité ne sera plus exposé à la Grèce», ce qui supprimera une source majeure d'inquiétude pour la stabilité financière de la zone euro, se réjouit le groupe de réflexion Bruegel.

La mise en œuvre du PSI s'annonce toutefois risquée. La Grèce attend un taux de participation suffisant au PSI, à défaut de quoi elle menace d'utiliser les clauses d'action collective (CAC) qui doivent être attachées aux obligations d'Etat existantes après le vote d'une loi dans les jours à venir.

Ces CAC, qui seraient activées au seuil d'un taux de participation de 66%, forceront l'ensemble des créanciers à participer à une restructuration de la dette. Or, leur déclenchement serait considéré comme un événement de crédit sur le marché des CDS, ce qui provoquerait le débouclage des contrats. Le montant en jeu est relativement limité, 3,2 milliards de dollars, mais l'opération risque d'être mal perçue. L'activation des CAC est le scénario de base des stratégistes taux de Barclays Capital.

«Le PSI assure que le secteur privé subira une perte réelle tandis que le secteur public (les banques centrales nationales et la BCE) n'en enregistreront aucune», analyse Richard Woolnough, gérant taux chez M&G. Ces dernières pourraient certes reverser une partie des intérêts perçus sur la dette grecque au pays. Mais, après l'échange d'obligations grecques réalisé par la Banque centrale européenne la semaine dernière pour échapper au PSI et aux CAC, il est probable que les banques centrales nationales procèdent à leur tour à de telles opérations prochainement, anticipent les spécialistes de Barclays Capital, ce qui confirme leur séniorité par rapport aux porteurs obligataires privés. Si elle devait participer au PSI, la Banque de Grèce devrait être recapitalisée à hauteur de 2 milliards d'euros, rappellent-ils.

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