La BEI compte revenir à son rythme de croisière

le 17/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque européenne d'investissement ralentira la croissance de son bilan pour éviter d'être touchée par la vague d'abaissement des notations en Europe

Après le coup d'accélérateur de 2009-2011, la Banque européenne d'investissement (BEI) amorce un atterrissage en douceur. Arrivé à sa tête le 1er janvier avec une étiquette de «non-banquier», Werner Hoyer a martelé hier à l'occasion de la présentation des résultats 2011 de la banque publique européenne, sa volonté de ralentir la croissance du bilan de la BEI. Le volume des signatures, qui avait culminé à 79 milliards d'euros en 2009 et se situait encore à 61 milliards en 2011 (dont 54 milliards dans l'Union européenne), devrait redescendre «autour de 50 milliards» cette année. Les débours, eux, devraient continuer à croître sous l'effet des engagements passés ces trois dernières années.

«Nous allons coller aux pratiques bancaires sages» qui ont fait la réputation de la BEI en tant qu'émetteur, «même s'il est compréhensible que des gens disent que la BEI doit faire plus» dans le contexte actuel de ralentissement de l'activité et du crédit, a expliqué l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères allemand. Membre du parti libéral allemand (FDP), Werner Hoyer doit sa nomination à la chancelière Angela Merkel.

«Nous sommes sous surveillance constante, cela nous pousse à être très prudents», a expliqué le nouveau président de la BEI, qui a pris la succession du Belge Philippe Maystadt. Les agences soulignent, unanimes, le levier très important de la banque et la relative faiblesse du capital souscrit libéré dans un contexte de rétrogradation de la notation de plusieurs de ses actionnaires, à commencer par la France. Les agences «trouvent notre portefeuille de prêts très solide», a souligné Werner Hoyer. En d'autres termes, la sévérité de la politique de prêts reste la meilleure garantie pour que la BEI reste vue comme «un havre de sécurité» par les investisseurs.

L'institution doit émettre environ 60 milliards d'euros en 2012. Mais l'environnement des marchés est «difficile» pour les émetteurs, a concédé son président.

Werner Hoyer a assuré vouloir maintenir l'engagement de la banque en Grèce où l'institution a signé l'an dernier pour 2 milliards d'euros de prêts. «Nous ferons tout pour faire quelque chose de cette dimension cette année», a-t-il dit. L'Espagne et l'Italie accueillent de loin le plus de contrats avec respectivement 14 et 13% des engagements pris entre 2007 et 2011.

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