Le marché actions de la zone euro reste fragile

le 15/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le retour au calme après la détente sur les taux d’intérêt a fait oublier aux investisseurs les faibles perspectives microéconomiques en Europe

La très bonne tenue des marchés actions depuis le début de l’année (+8,8% pour l’EuroStoxx, +7,5% pour le S&P 500 et +13,0% pour le MSCI BRIC) résulte pour l’essentiel des réactions des banques centrales partout dans le monde : annonce par la Fed d’un maintien de sa politique de taux zéro jusqu’en 2014 (soit 18 mois supplémentaires par rapport à la précédente annonce), baisse des taux directeurs au Brésil et des réserves obligatoires en Chine, mais surtout éloignement du risque systémique bancaire en zone euro avec les opérations de refinancement à long terme de la BCE.

Ce dernier point nous apparaît prépondérant, car il a permis une détente massive des taux à 10 ans dans les pays européens les plus en difficulté, notamment en Espagne (de 6,8% à 4,8%) et en Italie (de 7,2% à 5,4%). Au bout du compte, le taux à 10 ans de la zone euro pondéré du poids de la dette des Etats a reculé de plus de 100 points de base par rapport à son point haut (de 5,8% à 4,75%, voir graphique), libérant mécaniquement un potentiel de hausse pour les actions de la zone estimé selon notre modèle de prime de risque à 18% à partir du point bas… La performance de l’EuroStoxx de +21% depuis fin novembre découle ainsi directement de ce phénomène.

Si, à court terme, la détente récente des taux d’intérêt devrait immuniser les Bourses européennes contre un décrochage violent à l’image de ceux du second semestre 2011, les perspectives restent dégradées à moyen terme pour le Vieux Continent. En effet, avec une récession inévitable pour la zone euro cette année, la progression de +9,7% attendue aujourd’hui par les analystes financiers pour les profits 2012 de l’EuroStoxx nous paraît beaucoup trop optimiste et augure d’une salve continue de révisions baissières pour les mois à venir.

Pour la première fois depuis plus de trois ans, la microéconomie devrait alors jouer défavorablement sur les bourses européennes. Ainsi, si nous nous trouvons dans un «bull market rally» traduisant l’affaissement brutal du stress chez les investisseurs depuis le début de l’année, nous restons en Europe dans un «bear market» de long terme à l’image du marché actions japonais depuis 20 ans, de par les perspectives médiocres et un prix du pétrole de plus en plus pénalisant pour les entreprises et les consommateurs de la zone.

taux à 10 ans pondérés
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