Bruxelles s’inquiète des piètres performances françaises

le 15/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’adoption du deuxième plan grec est reportée faute de garanties suffisantes de la part d'Athènes

Photo: Jock Fistick/Bloomberg

Olli Rehn a lancé hier son premier exercice de pilotage macro-économique. Sur les vingt-sept pays de l'Union, une douzaine, dont la France, présentant des signes de déséquilibre vont être passés au crible. Cette première intervient dans un contexte particulièrement tendu dans la zone euro. En début de soirée, le président de l’eurogroupe Jean-Claude Juncker a annoncé l’annulation de la rencontre entre ministres des finances prévue ce mercredi à Bruxelles. Elle aurait dû permettre de boucler le deuxième plan d’aide à la Grèce.

Des «travaux techniques supplémentaires» entre le gouvernement à Athènes et la troïka des créanciers internationaux et de la BCE sont «nécessaires dans de nombreux domaines», a expliqué le Premier ministre luxembourgeois. Il a déclaré attendre encore les engagements écrits des dirigeants de partis concernant le respect des engagements pris après les élections législatives d’avril. Il s’agissait d’une des conditions fixées à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe du 8 février. La décomposition des 325 millions d’euros d’économie manquantes n’était pas non plus réglée, ni le rapport sur la soutenabilité de la dette bouclé. Autant de raisons, notamment pour Berlin, de ne pas conclure la négociation . Une téléconférence est néanmoins prévue ce mercredi, les ministres devant se voir en Eurogroupe le 20 et en Conseil Ecofin le 21 février.

Le commissaire aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn qui espérait encore dans l’après-midi de mardi que la réunion se tienne a annulé sa participation mardi soir au débat parlementaire sur les euro-obligations avec les parlementaires à Strasbourg, pour se porter au chevet du plan grec. En attendant, il a mis sur les rails le nouveau volet macroéconomique de la réforme de la gouvernance économique entrée en vigueur en décembre 2011. Non sans peine. Le rapport sur le «mécanisme d’alerte précoce» présenté mardi a été âprement discuté, l’Italie ayant en particulier insisté pour ne pas être singularisée, aux côtés de l’Espagne et de la Hongrie comme un cas particulièrement préoccupant.

Finalement, la Commission a choisi de concentrer ses investigations sur douze pays à l’encontre desquels une procédure en déséquilibre excessif a été ouverte. Celle-ci pourrait se traduire dans les semaines à venir par des recommandations spécifiques sur les mesures de politique économique propres à améliorer la compétitivité. Dans le nouveau cadre adopté en 2011, ces pays encourent éventuellement des sanctions pouvant aller jusqu’à 0,1% du PIB, si les mesures recommandées ne sont pas prises.

Dans le cas de la France, plusieurs voyants sont au rouge, qui se traduisent par une détérioration du solde extérieur (-1,7% entre 2007 et 2010, contre un excédent annuel moyen de 5,9% pour l’Allemagne). Bruxelles souligne «la baisse de la profitabilité des entreprises» et l’augmentation de l’endettement privé, parallèlement à l’endettement public. L’indicateur le plus dégradé est celui de la part de marché mondial à l’export qui a reculé de 19,4% entre 2005 et 2010, dans un contexte de repli général mais plus modéré (-8% en Allemagne).

Les éventuelles recommandations de la Commission viendront au printemps en même temps que l’examen préalable du projet debudget 2013, une autre nouveauté issue de la réforme de la gouvernance.

A lire aussi