Le marché des covered bonds se rouvre aux banques espagnoles

le 07/02/2012 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Santander et Sabadell ont sollicité avec succès les investisseurs. L'injection de la BCE limite les besoins des banques jusqu'à 3 ans

En émettant 2 milliards d'euros d'obligations sécurisées la semaine dernière, Santander a mis fin à une absence de huit mois des banques espagnoles sur le marché primaire de ces titres adossés à des portefeuilles de prêts, le plus souvent hypothécaires. L'établissement a placé avec succès des titres à trois ans, mis à prix avec une marge de 210 points de base (pb) au-dessus du taux midswap, supérieure à celles offertes par les émetteurs de covered bonds depuis le début de l'année.

«Les investisseurs étaient prêts à revenir sur le marché espagnol, explique Laurence Ribot, responsable de la syndication sur les covered bonds et les agences chez Natixis, un des chefs de file de l'émission. Le livre d'ordres a atteint 8 milliards d'euros. Trois quarts de la demande est venue d'investisseurs non-domestiques». Et Santander était soucieux de revenir sur le marché avec succès. Sa précédente émission d'obligations sécurisées en mai 2011, critiquée pour avoir été effectuée à un niveau trop serré, avait été la dernière avant la fermeture du marché aux émetteurs de covered bonds espagnols.

Dans la foulée, Sabadell a placé hier 1,2 milliard d'euros à trois ans avec une marge de 250 pb. Le retour des émetteurs périphériques restera cependant limité. «Côté espagnol, nous n'avons rien de prévu, mais il n'est pas impossible de voir de nouvelles opérations. Côté italien, le niveau de spread ne permet pas encore aux banques de revenir sur le marché des covered bonds», ajoute Laurence Ribot.

Après un démarrage en trombe les deux premières semaines de janvier, comparable à l'avalanche d'émissions de début 2011, le mois de janvier dans son ensemble a enregistré un volume de 27 milliards d'euros sur le marché en euro, contre 44 milliards il y a un an, d'après Barclays Capital.

Les caractéristiques du marché ont en outre fortement changé par rapport à l'an dernier. D'abord, toutes devises confondues, la part du volume de covered bonds émis par des banques hors de la zone euro est passée de 31 % en janvier 2011 à 61 %. Les banques de la zone euro ont, elles, été moins actives dernièrement, ce qui signifie que «l'injection de liquidités à trois ans de la BCE (LTRO) constitue encore une alternative attractive aux covered bonds pour le financement bancaire», expliquent les stratégistes de SG CIB. Ensuite, les émetteurs ont davantage privilégié les maturités longues afin de satisfaire la recherche de rendement des investisseurs.

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